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Versailles 2009, année politique

Bernard Hasquenoph |

Louvre pour tous | 25/01/2009 | 23:56 |


Cette année, la programmation culturelle du château de Versailles se veut didactique, interrogeant les notions de pouvoir et de propagande. Des questions toujours d’actualité...

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Conférence de presse de JJ Aillagon
© Louvre pour tous

25.01.09 | LOUIS XIV N’EST PAS MORT. Il revivra à l’occasion de la grande exposition que lui consacrera cette année, étrangement pour la première fois, l’établissement public du château de Versailles près de trois cents ans après sa disparition. C’est l’une des annonces faîtes par un Jean-Jacques Aillagon très badin, lors de sa seconde conférence de presse annuelle en tant que président du domaine de Versailles [1].

L’exposition, programmée fin 2009, s’attachera plus particulièrement à décrire les « métamorphoses de l’image royale » en tentant de déceler derrière la face publique du Roi-Soleil l’homme privé à travers ses goûts artistiques. Angle passionnant si tant est qu’on puisse établir une telle séparation pour un monarque dont la vie presque toute entière fut mise en scène et pour qui l’art, dans sa toute magnificence, ne fut jamais qu’affaire de propagande. Est-ce un hasard si le château qui a toujours été, dans sa postérité, le miroir des aspirations politiques de la France, redonne vie au monarque absolu à l’heure de l’hyper-présidence sarkozienne [2] ?

D’autant que par une conjonction de hasards troublante, l’exposition hommage au roi créateur clôturera une année de programmation culturelle tout entière placée sous l’angle politique. Plus qu’une volonté aillagonesque, il faut sans doute y voir un signe des temps. Mais quoi de plus pertinent pour un lieu qui ne fut, derrière l’habit du plaisir, rien d’autre, au fond, qu’une machine de pouvoir.

ORCHESTRATION DU POUVOIR
A peu près simultanément à l’exposition Louis XIV, se tiendra l’édition Versailles Off 2009 avec les sculptures de l’artiste français quadragénaire Xavier Veilhan venant succéder à la star Jeff Koons quinquagénaire. Le choix d’investir cette fois l’extérieur du château, en exposant essentiellement dans le parc, est, a martelé J.-J. Aillagon, le souhait personnel de l’artiste. Cela tombe bien. Les touristes pourront admirer tranquillement, dans leur cohérence stylistique, les Grands Appartements et cela évitera peut-être d’enflammer les esprits des prétendus défenseurs du patrimoine royal qui s’en s’ont pris avec la rage que l’on sait à ce pauvre Jeff Koons dont les seuls crimes étaient, en plus d’être étranger, d’avoir épouser une actrice porno et dont les oeuvres, sur le marché international, se vendent très cher. Un bon petit français, voilà qui devrait plaire à nos chers intégristes. De quoi ravir aussi le service comm’ du château qui pourra proclamer des chiffres de fréquentation record dans la lancée du million de visiteurs comptabilisés pour Koons, mensonge aussi colossal que son Split Rocker [3].

En dehors de ces considérations autant pathétiques que contingentes, le choix de l’artiste français inconnu du grand public mais pas de la scène contemporaine s’avère judicieux pour Versailles, son travail tournant autour de « l’orchestration du pouvoir et sa matérialisation iconographique » nous précise son site web. Son goût pour l’art statuaire lui ont valu d’ailleurs plusieurs commandes de collectivités publiques. Le projet est encore plus enthousiasmant quand on nous annonce que Xavier Veilhan ne se contentera pas de recycler des oeuvres pré-existantes mais qu’il créera des pièces spécifiquement pour l’événement s’il parvient à trouver les financements nécessaires à leur production. Un vrai dialogue plutôt que des confrontations parfois artificielles, voilà une offre potentiellement intéressante.

HIÉRARCHIE ET PROPAGANDE
Politiques, les deux autres expositions programmées dans l’année le sont sans conteste. L’une, grand public, s’intéressera à l’histoire du costume de Cour en Europe du XVIIe siècle jusqu’à l’aube du XIXe. On peine à imaginer aujourd’hui l’extrême codification des habits d’apparat utilisés lors des cérémonies et présentations royales comme ceux du quotidien dans toutes les Cours européennes. La mode était alors totalement assujettie à l’Etiquette et aux ordres de préséance. « Avec le costume de Cour se développe un véritable langage politique, dont la première fonction est de traduire visuellement la hiérarchie du pouvoir » indique le texte de présentation. Autant dire, qu’à l’époque, l’habit faisait le moine. Mais, à l’ère de nos libertés acquises, les choses ont-elles vraiment changé ?

L’autre exposition au titre intriguant comme un tract surréaliste, « La guerre sans dentelles », se tiendra en mai dans la Galerie des Batailles, au coeur du Musée d’Histoire de France voulue par le roi Louis-Philippe dans la demeure de ses ancêtres. Inauguré en 1837 en même temps que le musée, cet ensemble de 33 méga-tableaux représentants des scènes de guerre glorifie le passé militaire de la France. On y admirait une guerre de fiction, stylisée, transcendée et édulcorée de toute barbarie. Ce grand oeuvre de propagande sera confronté à des photographies traitant du même sujet, les plus anciennes datant presque de l’invention du procédé technique jusqu’aux plus contemporaines relevant du photojournalisme. Ce face-à-face symboliquement violent interrogera le pouvoir de l’image, éminemment politique quand il s’agit de « montrer » la guerre [4].

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Fronton du Pavillon Gabriel au château de Versailles © Louvre pour tous

MUSÉE D’HISTOIRE, MUSÉE POLITIQUE
Cette exposition audacieuse sur la guerre s’inscrit dans le chantier de réhabilitation voulu par J.-J. Aillagon dès son arrivée à Versailles de son mythique musée d’Histoire de France. Traversant de part en part le château, Louis-Philippe le sauva, par sa création, non de la ruine mais d’un avenir incertain toute en détruisant l’ordonnancement intérieur, et lui valut les éloges de Victor Hugo [5]. C’est à cette époque, que fut inscrit en lettres géantes aux frontons des Pavillons Dufour et Gabriel la devise « A toutes les gloires de la France ». Curiosité muséographique fanée, témoin d’une vision de l’Histoire dépassée, partiale et partielle - « Seules les victoires y paraissent, non les défaites... » indique-t-on sur le site Internet du château -, cet espace presque invisible pour les visiteurs ces dernières décennies (notamment par manque de personnel) prend une dimension toute particulière depuis la récente annonce du président de la République de créer un musée presque homonyme dans le but de « renforcer l’identité » nationale, déplorant qu’il « n’existe aucun lieu pour questionner l’Histoire de France dans son ensemble » [6].

Mais, alors qu’il y a un an, le président du château de Versailles présentait le projet de « revalorisation » de son musée comme devant se prolonger jusqu’à « l’Histoire contemporaine [par] l’évocation des grands hommes qui ont fait la France » [7], il semble qu’on n’y ait renoncé depuis - à notre avis, heureusement - pour le limiter à la seule présentation critique de l’oeuvre de Louis-Philippe, qualifiée par J.-J. Aillagon, au cours de sa conférence de presse, de « musée politique » bâti sur un « parti-pris idéologique ». Cette approche de « mise à distance critique » selon une autre expression qu’il a employée, nous semble d’autant plus intéressante qu’elle amène à s’interroger sur notre rapport actuel à l’Histoire et sur l’idéologisation qu’on en fait presque mécaniquement. Et Versailles, théâtre du basculement de la monarchie vers la république et haut lieu du paraître n’est-il pas le lieu idéal pour interroger cette dimension de représentation de l’Histoire ?

Malgré toutes les précautions de langage et la diplomatie dont a fait preuve l’ancien ministre pour différencier son propre projet de celui du président de la République, on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement et d’entendre dans sa description du musée politique de Louis-Philippe une critique de fond vers une structure dont on ne voit pas très bien comment elle pourrait échapper à cette tentation d’instrumentalisation de l’Histoire, qui plus est connaissant l’inclination de son commanditaire à le faire régulièrement [8].

La lucidité qui semble animer l’ancien professeur d’histoire qu’est J.-J. Aillagon sur la distanciation nécessaire à une lecture de l’Histoire est-elle suffisante quand, dernièrement, de manière assez contradictoire, il fit procéder à l’accrochage pour quelques jours sur les façades du château côté ville des portraits des lauréats français du prix Nobel 2008 ?

En dehors de l’agression esthétique qu’on peut ressentir à la vue de ces éléments venus s’immiscer sur la façade d’un monument historique protégé, et aussi louable soit l’intention d’honorer des personnes estimables selon notre regard contemporain, cette initiative accompagnant « la renaissance du Musée de l’Histoire de France » n’est-elle pas tout autant entâchée d’idéologie [9] ?

Décidément, à Versailles, tout demeure politique. C’est peut-être le souffle de ce vent-là que vient chercher Nicolas Sarkozy en s’invitant régulièrement, au fond du parc, à la Lanterne, à la Lanterne...

:: Bernard Hasquenoph |

:: Louvre pour tous | 25/01/2009 | 23:56 |

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EN COMPLÉMENT

FASTES DE COUR ET CÉRÉMONIES ROYALES
Le Costume de Cour en Europe 1650-1800

Château de Versailles, salles d’Afrique
Du 31 mars au 28 juin 2009
Commissaires d’exposition : Pierre Arizzoli-Clémentel, directeur général du château de Versailles, et Pascale Gorguet Ballesteros, conservateur en chef à Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris
Scénographie : Giada Ricci

LA GUERRE SANS DENTELLES
Château de Versailles, Galerie des Batailles
Du 4 mai au 7 septembre 2009
Commissaire de l’exposition : Laurent Gervereau, historien d’art et président de l’Institut des Images

En préfiguration de l’ouverture du Musée d’Histoire de France, le château a ouvert un site internet de mise en ligne des collections avec la possibilité pour les internautes de contribuer à son enrichissement : www.museehistoiredefrance.fr

LOUIS XIV : L’HOMME ET LE ROI
Château de Versailles, aile Nord
du 19 octobre 2009 au 7 février 2010
Commissaires de l’exposition : Nicolas Milovanovic, conservateur au château de Versailles en charge des peintures du XVIIe siècle et Alexandre Maral, conservateur en charge des sculptures

XAVIER VEILHAN - VERSAILLES OFF
de septembre à décembre 2009 : cliquez ici



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NOTES

[1] Le dossier de presse de cette conférence de presse qui s’est tenue le 23 janvier 2009 à la Maison européenne de la photographie, à Paris, est consultable en ligne sur le site Internet du château.

[2] Il est amusant de noter que Nicolas Sarkozy apprécie particulièrement le domaine de Versailles, peut-être plus que ses prédécesseurs, au point d’avoir réquisitionné, dès son élection, le pavillon de la Lanterne niché dans le parc, réservé jusque là aux Premiers ministres.

[3] Une nouvelle fois, l’AFP répercute cette fausse info contenue dans le dossier de presse de la conférence du 23 janvier 2009, de la même manière que plusieurs journaux.

[4] Lors de sa conférence, J.-J. Aillagon a évoqué une autre exposition de photos qui pourrait se tenir en 2009 mais qui n’apparaît pas dans le dossier de presse. Elle aurait pour sujet Versailles vu par les photographes depuis l’invention du procédé. Dans notre article « Karl Lagerfeld épingle Versailles » où nous reprochions le choix bling bling de J.-J. Aillagon, nous évoquions justement la richesse de ce sujet qui avait fait l’objet d’une exposition au Grand Palais, en 1982, intitulée « Versailles, palais d’images ».

[5] « Ce que le roi Louis-Philippe a fait à Versailles est bien. Avoir accompli cette œuvre, c’est avoir été grand comme roi et impartial comme philosophe ; c’est avoir fait un monument national d’un monument monarchique ; c’est avoir mis une idée immense dans un immense édifice ; c’est avoir installé le présent dans le passé, 1789 vis-à-vis de 1688, l’empereur chez le roi, Napoléon chez Louis XIV ; en un mot, c’est avoir donné à ce livre magnifique qu’on appelle l’histoire de France cette magnifique reliure qu’on appelle Versailles. » Victor Hugo, in « Choses vues : souvenirs, journaux, cahiers, 1830-1885‎ », éd. Gallimard, 2002.

[6] « Allocution de M. le Président de la République lors des voeux aux acteurs de la culture », Nîmes | 13.01.09

[7] Conférence de presse de Jean-Jacques Aillagon | 11.12.07

[8] J.-J. Aillagon, interrogé par l’ AFP le 14.01.09 sur le projet présidentiel a déclaré : « Le musée de Versailles s’arrête à la guerre de 1914 et il ne porte pas sur l’histoire de France telle qu’elle est présentée aujourd’hui » et « L’Histoire a fixé sa mémoire en mille lieux. Chacun a sa logique, chacun sa nécessité. En revanche, envisager comme l’a fait le chef de l’Etat de fédérer cette constellation me semble une bonne chose ».

[9] Didier Rykner, dans un éditorial paru en décembre 2008 sur son site La Tribune de l’Art s’insurgeait sur l’habitude prise par les bâtiments publics d’accrocher ce type de communication sur leurs façades. De la même façon, il nous a toujours semblé absurde que des bâtiments chèrement restaurés s’affublent de kakémonos informatifs et autres panneaux de signalétique hyper voyants empêchant par là-même de les admirer entièrement. Enfin, personnellement, à la vue de ces photos géantes d’individus quels qu’ils soient, cela nous fait toujours penser à ces villes de pays sous dictature marquées par l’omniprésence de portraits officiels. Tout édifice public, dans une démocratie, ne devrait-il pas observer une totale neutralité ?
Et, dans le cas précis des prix Nobel accrochés à Versailles, on constate qu’il s’agit bien là d’une vision officielle de l’Histoire. On sait que le prix remis à Françoise Barre-Sinoussi et Luc Montagnier en tant que chercheurs et découvreurs du virus du sida a été contesté par celui qu’on a appelé « le Nobel oublié », le professeur Jean-Claude Chermann directeur du laboratoire dans lequel Mme Barre-Sinoussi était assistante quand M. Montagnier était chef de l’unité dont dépendait administrativement son laboratoire. Que penserons-nous dans cent ans du prix remis à M. Montagnier qui, stricto sensu, n’a rien découvert du tout ?



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