LOUVRE POUR TOUS
Accueil > Musées > Musée d’Orsay > No photo au musée d’Orsay

Charte des visiteurs photographes au musée, recul ou avancée

Bernard Hasquenoph | 2/10/2013 | 08:22 | 13 commentaires


07.07.14 | TOUS PHOTOGRAPHES ! Le ministère de la Culture a tenu compte du débat suscité par la première version de la charte dont l’article ci-dessous rend compte, en lançant sa campagne Tous Photographes ! et une nouvelle charte synthétique des bonnes pratiques.


02.10.13 | A l’issue d’un groupe de réflexion sur la pratique photographique au musée auquel nous avons participé, le ministère de la Culture a produit une charte timide et restrictive, reflet des contradictions des musées englués mondialement dans une « culture du contrôle ». Mais qu’est-ce qui pourrait arrêter la démocratisation numérique ? Avec d’autres, nous avions proposé une autre charte, plus audacieuse, à amender, corriger, et pourquoi pas à proposer aux établissements...



RENCONTRES NUMÉRIQUES - Parlons-en le mardi 22 octobre, à 14h, à la BnF (site François-Mitterrand), où nous participerons à un atelier sur les publics photographes avec Jacqueline Edeilman (Ministère de la Culture), Roei Amit (RMN), Anne Ruelland & Enora Prioul (Cité de l’architecture et du patrimoine).

Bibliothèque nationale de France, Paris, 21 & 22 octobre 2013
Gratuit, sur inscription
www.rencontres-numeriques.org


JPG - 30.9 ko
Au ministère

02.10.13 | DURANT UN AN, nous avons participé, au ministère de la Culture, à un groupe de réflexion sur la pratique photographique et filmique des visiteurs au musée. Avec d’autres signataires, nous l’avions réclamé dans une lettre ouverte adressée au ministre, motivée par l’interdiction du musée d’Orsay contre laquelle, personnellement, nous luttons depuis maintenant trois ans, par différents moyens, par l’information, en rédigeant articles et enquêtes, ou en participant à des actions de désobéissance comme OrsayCommons. Actions qui, hélas, il faut le dire, malgré un large soutien sur Internet, n’ont jamais réuni beaucoup de monde [1]. Aussi, c’est avec satisfaction et étonnement que nous avions accueilli en avril 2012 la réponse favorable du directeur général des patrimoines de l’époque, Philippe Bélaval, la traduisant comme une prise de position du ministère en faveur de la photo au musée et une forme de désaveu pour Orsay.

Sept séances se sont déroulées de mai 2012 à mars 2013 animées par Jacqueline Eidelman, chef du département de la politique des publics qui s’y est beaucoup investie, réunissant à chaque fois de 20 à 30 personnes, montrant par là même l’intérêt que suscite une question aux multiples facettes. Y sont venus des représentants de :

• divers services du ministère de la Culture (Musées de France, Patrimoine et Archives, politique des publics, affaires européennes et internationales, maîtrise d’ouvrage, sécurité et surveillance, affaires juridiques)
• d’institutions : Centre des monuments nationaux (CMN), Réunion des musées nationaux (RMN), Centre de recherche et de restauration des Musées de France (C2RMF)
• de musées et établissements culturels, pas seulement nationaux et de différents métiers (responsables des publics, sécurité, communication, webmasters, juristes...) : musée du Louvre, musée d’Orsay, musée de Cluny, musée du quai Branly, Centre Pompidou, Grand Palais, Château de Versailles, Château de Fontainebleau, Cité de l’Architecture et du Patrimoine, musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, musée Carnavalet, Petit Palais...
• des experts (Jean-Jacques Ezrati), des chercheurs (André Gunthert), des juristes (Anne-Laure Stérin) jusqu’au commandant de police chargé de la sûreté des musées de France...
• et nous autres signataires de la lettre ouverte, pour certains en quelque sorte représentants des publics : Serge Chaumier (muséologue, professeur des universités), Julien Dorra (OrsayCommons, co-organisateur de Museomix), Rémi Mathis, président de Wikimedia France et Jean-Michel Raingeard, président de la Fédération Française des Sociétés d’Amis de Musées (FFSAM) et moi-même Bernard Hasquenoph (Louvre pour tous, OrsayCommons).

C’était une première qu’à ce niveau, soient directement associés des visiteurs à une réflexion sur les conditions de visite dans les musées, expérience qui, selon nous, devrait se multiplier partout.

De nombreux thèmes ont été abordés, faisant l’objet d’exposés, de témoignages et de discussions : pratiques des visiteurs, quotidien des personnels de surveillance, gestion des publics, initiatives des établissements, aspects juridiques, sécurité des oeuvres, usages et ré-usages... Echanges passionnants, parfois vifs, qui, par devoir de réserve, ne sont pas sortis des murs du ministère mais ont nourri la rédaction de l’ouvrage qui s’est écrit en parallèle avec une partie des participants : Visiteurs photographes au musée, paru en février 2013 à la Documentation française. Pour clôturer le tout, s’est tenue le 8 mars 2013 une journée d’études au Louvre-Lens, gratuite et ouverte à tous, sur la même question des usages de la photographie au musée, à l’initiative du Master Expo-Muséographie de l’Université d’Artois.

JPG - 119.7 ko
Réunion au ministère de la Culture

Autant dire que ce groupe de travail a généré de la réflexion sur un sujet jusque là peu traité, intéressant au-delà de nos frontières. Le département des affaires internationales de la direction générale des patrimoines a profité de l’occasion pour mener une enquête sur la réglementation de la pratique photographique dans les musées européens, éveillant la curiosité de ses interlocuteurs confrontés au même phénomène grandissant. On pense également au Portugal et à la muséologue Maria Vlachou, attentive à ce qui se passe en France, que nous avons interviewée sur le même thème et qui co-organise prochainement un débat qui se tiendra simultanément à Lisbonne et à Porto. En ouvrant des perspectives et en confrontant les points de vue, ce groupe aura été tout sauf inutile.

Si le musée d’Orsay n’est toujours pas revenu sur sa décision - mais, tant que Guy Cogeval, son président, sera là, peut-on l’espérer, vu ses déclarations ? -, il a envoyé des représentants à plusieurs de ces réunions, ce qui n’était pas gagné et ce qu’il faut saluer. Si le dialogue a été difficile et, parfois, a frôlé le clash, il a permis à chacun de s’exprimer et peut-être d’un peu mieux se comprendre. Je pense notamment au community manager du musée d’Orsay pour qui l’interdiction photo ne facilite pas le travail.

Enfin, et c’est loin d’être négligeable, l’existence de ce groupe a pu contribuer, directement ou indirectement, à un changement de pratique dans certains établissements. Depuis septembre 2012, la RMN-Grand Palais, participant aux réunions, autorise la photo dans ses expositions temporaires autant que cela est possible. Une initiative encore rare et symbolique vu la notoriété de l’institution, qui ne faisait même pas partie de nos revendications tellement nous pensions au départ qu’une interdiction, dans ce cas, était légalement justifiée, ce qui est faux. Tout est affaire de négociation avec les propriétaires des oeuvres, publics ou privés, qui, hormis les artistes vivants et leurs ayants-droits, ne le sont pas des droits de reproduction, ou très rarement. Dans le même sens, c’est bien la réflexion générée par le groupe, et plus directement par la journée du Louvre-Lens, qui a décidé la BnF à autoriser la photo dans ses espaces d’exposition depuis juin 2013, changement passé inaperçu. Ainsi, après le Centre Pompidou, le Grand Palais, le musée du Luxembourg, la BnF, le mouvement se poursuit puisqu’on vient de découvrir que le musée Jacquemart-André, à Paris, qui autorise la photo dans ses collections depuis environ un an, l’autorise pour la première fois au sein d’une exposition, Désirs & Volupté, bien que l’information n’apparaisse nulle part. Le tabou de l’autorisation photo dans les expositions temporaires est en train de tomber. On ne l’aurait jamais imaginé. Quant au musée Fabre de Montpellier qui a abandonné l’interdiction photo dans ses collections permanentes en février 2013, on nous a rapporté que c’était en écho au groupe. On avance à petits pas.

L’important, à travers ce groupe, était de maintenir le débat, de le nourrir, de défendre des idées mais aussi de réfléchir, écouter, observer, récolter de l’information... Personnellement, participer à une instance de dialogue s’inscrit dans un « combat » global qui dépasse la seule question de la photo au musée, la vraie question restant la place des publics. Pour moi qui ai l’habitude de porter la critique « de l’extérieur » sur le mode du commentaire et parfois de la dénonciation, posture utile mais quelque part assez confortable, cela m’a amené à expérimenter une nouvelle approche, plus ingrate pour son ego, qui est de confronter ses convictions à la réalité du terrain, toujours plus complexe qu’il n’y paraît. Ainsi, il a bien fallu admettre que certaines interdictions photo pouvaient se concevoir, comme celle, très particulière, du musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, à Paris, pour des questions de sécurité liées à son objet. Ce qui signifie nullement que la situation ne puisse évoluer dans un établissement par ailleurs très dynamique, ni que ses responsables se désintéressent du sujet. Bien au contraire, son représentant a été l’un des plus assidus aux réunions.

JPG - 96.5 ko
Réunion au ministère de la Culture

Mais une chose m’a rassuré, le musée d’Orsay reste très isolé dans sa position, et, à de rares exceptions, personne ne la comprend vraiment. Mais voilà, à la tête d’un établissement public administratif, statut de semi-autonomie, son président a toute latitude pour appliquer le règlement qui lui plaît, l’avis des personnels comptant visiblement plus que celui des visiteurs. Son conseil d’administration où siègent pourtant deux représentants du ministère est juste consulté sur ce point, sans pouvoir décisionnaire. Un état de fait qui illustre la perte d’autorité du ministère sur nos grands musées, établissements pourtant sous tutelle et à qui il verse des subventions, même sur des questions de service public. Ainsi, s’ils ne sont pas soutenus activement par leur haute hiérarchie, par le ministre lui-même, voir au-delà, ses services en sont à devoir, sur certains sujets, négocier pied à pied avec eux. C’est ainsi, par exemple, que les musées nationaux ont accepté de mauvaise grâce en 2009 d’appliquer la gratuité pour les 18-25 ans. Si cela n’avait pas été imposé par le président de la République lui-même, ils ne l’auraient jamais fait. Ceux qui croient que le ministère est tout puissant se trompent. Sans appui politique, il ne peut pas grand chose.

Participer à ce groupe m’aura permis d’entrapercevoir les rouages complexes du ministère de la Culture, me perdre dans son organigramme sans toujours comprendre qui était qui et qui faisait quoi, de deviner les batailles de pouvoir entre services, leurs intérêts pas forcément convergents, d’apprécier la bonne volonté de fonctionnaires parfois découragés par le manque de soutien de leur hiérarchie. J’ai surtout découvert la difficulté d’agents du ministère porteurs d’ordres contradictoires de la part des autorités politiques, à savoir rendre accessible au plus grand nombre le patrimoine, devoir le partager librement, tout en devant le « valoriser », s’entend économiquement. Une situation schizophrénique qu’illustre parfaitement la charte née de ce groupe.

UNE CHARTE ÉCRITE PAR LE MINISTÈRE DE LA CULTURE
A l’issue de ce groupe de travail sur la pratique photographique des visiteurs, devait être produite une « charte de bonne conduite et des règles de civilité dans l’espace public du musée où les contraintes des établissements seraient ménagées et l’horizon d’attentes des publics respecté », comme l’avait indiqué le directeur général des patrimoines dans sa lettre initiale. Un corpus de recommandations devant, par la suite, être proposé aux établissements pour symboliquement y adhérer. Evidemment, une charte à elle seule n’a pas de valeur juridique, ni, bien sûr, de pouvoir coercitif - pas plus pour le musée d’Orsay que pour d’autres - mais, faute de décision à l’échelon du ministre, l’idée nous semblait bonne, à minima pour promouvoir une vision positive de la photo au musée, marginaliser un peu plus Orsay et pour que d’autres établissements ne soient pas tentés de suivre son exemple.

Cette charte existe, elle a été transmise à la mi-juin aux responsables des musées et monuments nationaux par Vincent Berjot, nouveau directeur général des patrimoines. Inédite, elle a été publiée début septembre, par Lionel Maurel, juriste, bibliothécaire et militant de la culture libre, sur son blog S.I.Lex. Il en fait une lecture critique rapide et brillante mais qui ne se focalise que sur un seul aspect - le domaine public -, un aspect certes essentiel mais qui ne résume pas toute la question de la photo au musée. Minorant ce qui reste le principal vu le sujet, à savoir que le ministère se positionne, même timidement, en faveur de l’autorisation ce qui est déjà un exploit, il conclue à l’inutilité du groupe, de manière assez injuste je trouve, pour ce qu’il a généré et pour nous autres qui avons plaidé durant des mois, à l’intérieur et l’extérieur des réunions, la cause de la photo au musée sous tous ses aspects. Tenter d’agir, c’est s’exposer à la critique, soit. Peut-être que nous associer à une idée de charte était mauvaise mais quand il parle d’erreur de stratégie, que propose-t-il ? Ecrire une lettre ouverte au directeur général des patrimoines comme il vient de le faire ? On signe de suite sur le principe mais on doute que cela oblige le ministère à faire volte-face sur ce qu’il dénonce [2].

En attendant, aucune des actions menées jusqu’ici n’a vraiment fait des miracles, ce qui oblige à rester modeste. Mais le dossier avance, pas forcément au rythme que l’on souhaiterait mais il avance. Cela dit, avec Lionel Maurel ou d’autres, on reste toujours partant pour tout imaginer, comme d’étudier la possibilité d’aller en justice contre une interdiction photo dans un musée, comme je l’ai déjà proposé sans réel soutien de personne. Toujours prêt pour partager des idées d’actions, on en a à « revendre ».

JPG - 122.9 ko
Réunion au ministère de la Culture

Sur l’assise juridique de l’interdiction photo au musée, - selon lui, une question « pas simple à trancher » -, il est dommage qu’il n’ait pas consulter l’ouvrage déjà cité, Visiteurs photographes au musée, paru sous l’égide du ministère de la Culture. Il y aurait trouvé pas moins de trois textes concluant à l’inanité d’une telle disposition, la notion de domaine public y étant abordée et défendue, notamment par Mélanie Delong de Rosnay, chercheur et responsable juridique de Creative Commons France [3]. Enfin, sans être juriste, on voudrait être aussi optimiste que lui quand il affirme que « l’évolution de la jurisprudence en matière d’originalité condamne de plus en plus nettement » le fait de qualifier d’oeuvres abusivement tous clichés même sans aucun apport créatif, comme le font les musées et la RMN en apposant un droit d’auteur sur des photographies d’oeuvres, ce qui est plus que contestable et qui empêche un élargissement du domaine public. La démocratisation numérique, un chantier qui devrait pourtant interpeller la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, elle qui souhaite faire circuler les collections nationales hors les murs des musées. Voilà une application simple et concrète qui, de plus, générerait des retombées économiques pour le pays, ce qui ne peut que la contenter puisqu’elle aime à rappeler que la culture, c’est aussi ça.

Personnellement, en m’engageant dans ce groupe, je n’avais pas la prétention de croire qu’on y règlerait tous les problèmes, surtout sur la question de la restriction de la prise de vue d’oeuvres à l’usage privé que dénonce avec raison Lionel Maurel, injustifiée pour des oeuvres du domaine public. Mais il faut savoir qu’elle existe, comme on le verra plus loin, dans tous les règlements de musées du monde, et depuis fort longtemps, y compris chez ceux qui semblent les plus ouverts. En maintenant cette mention désuète, le ministère a-t-il cherché à ne pas heurter des établissements très susceptibles sur leur autonomie afin qu’ils adhèrent à la charte ? A moins qu’un lobby, à l’intérieur, ait pesé pour sauvegarder certains intérêts économiques. Les deux hypothèses sont possibles. En même temps, se focaliser sur le point négatif de la restriction (engagement n°2), c’est ignorer le caractère positif de l’évocation du partage des photos sur Internet (engagement n°7) qui, même si cela constitue une contradiction, fait figure d’ouverture. C’est un peu l’histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein.

Toujours est-il que, dans les faits, cette restriction, de l’ordre de la menace virtuelle, ne limite en rien le domaine public puisque, comme Lionel Maurel le dit lui-même, elle est sans fondement légal. En cela, la charte officielle, elle-même sans valeur juridique, n’est pas plus inapplicable que ce qui se passe déjà dans la réalité. Cela ne justifie rien et l’on est entièrement d’accord pour déplorer ce surplace, se scandaliser qu’un ministère puisse défendre un point illégal et revendiquer la suppression partout de cette mention, mais on ne peut non plus ignorer le contexte et des usages qui ne sont pas nés, comme on pourrait le croire, avec l’avènement d’Internet.

On ignore si cette charte fera progresser la situation, si elle pourra servir de base à d’autres textes plus étoffés, ou si elle sera remisée dans un tiroir. Ni alpha ni oméga, même pauvre, elle a le mérite d’un peu plus positionner le ministère en faveur de la photo dans les lieux patrimoniaux et d’influencer en ce sens les musées, et pas seulement nationaux.

Si elle ne nous satisfait pas non plus en l’état malgré quelques points positifs, c’est parce qu’elle est déséquilibrée au profit de l’institution qui, pourtant, devrait être au service du visiteur, et pas seulement sur la question de la diffusion de la photo hors musée. Personnellement, je suis surtout déçu que le musée ne soit pas encouragé à apporter les réponses matérielles pour une coexistence pacifique des usages des visiteurs, photographes ou non, sans jugement de valeur sur leurs manières d’apprécier les oeuvres, tant qu’ils ne les mettent pas en danger. Pour parler clairement, faire cohabiter chez les visiteurs la pratique photographique et la contemplation directe, passe par un aménagement intelligent de l’espace et une gestion raisonnée des flux. Or, cette dimension logistique est totalement absente de la charte qui fait porter sur le seul visiteur la responsabilité d’éventuels problèmes, lui rappelant les règles de civilités et de préventions minimum, dimension citoyenne que nous avons toujours défendue. Mais, l’une ne va pas sans l’autre.

Dommage, finalement, que cette charte ne reflète pas la richesse des échanges que nous avons eus lors de ces réunions et que ne s’y retrouvent pas toutes les questions qui y ont été soulevées. Pour information, elle a été rédigée par les seuls services du ministère et n’a pas été élaborée par le groupe comme peu le laisser croire la lettre d’accompagnement du directeur général des patrimoines. Il y a bien eu une énième réunion où le sujet a été débattu, sans plus grand monde autour de la table d’ailleurs, mais la dernière main est revenue à la direction de la politique des publics. De ce que je sais, sa version a été ensuite soumise aux différents services du ministère concernés avant de passer à la moulinette de son service juridique. Entre signataires de la lettre ouverte, nous n’avions pas attendu que les choses se fassent et avions élaboré en amont un projet de charte qui tente de partager les responsabilités de manière équilibrée entre le visiteur photographe et l’institution muséale, qui respecte le droit et les personnels. Nous l’avons transmis en mars 2013 à Jacqueline Eidelman. Si quelques éléments s’y retrouvent, force est de constater que notre charte est plutôt éloignée de la version officielle qui ne nous a pas été soumise pour validation et que nous avons découverte une fois envoyée aux établissements. Peut-être notre erreur est d’avoir été trop optimiste. Facile à dire... après.

Après une brève analyse de la charte du ministère et un développement sur la question de la restriction à un usage privé, nous publions ci-dessous notre projet de charte in extenso, bien qu’il s’agisse d’un document non finalisé. Libre à chacun de l’amender, le corriger, l’améliorer, pour créer, pourquoi pas, une « contre-charte » à opposer à celle du ministère et à proposer directement aux établissements.

JPG - 159.1 ko
OrsayCommons, mars 2011


PDF - 135.6 ko
Cliquez sur l’image

La charte photo du ministère de la Culture

< cliquez sur l’image pour télécharger le document
Cette courte analyse n’engage que nous. Les co-auteurs de « l’autre charte » ne sont pas nécessairement d’accord avec nous sur tous les points.

Points positifs :
- reconnaissance dans la lettre d’accompagnement, de l’incompréhension et de la frustration grandissante des visiteurs vis-à-vis de l’interdiction, celle-ci suscitant des conflits (mais dimension non inscrite dans la charte)
- existence même de la charte, malgré toutes ses imperfections, dans le sens d’une autorisation photo dans les musées
- reconnaissance de la pratique du partage de photos sur Internet (même si cela rentre en contradiction avec la restriction abusive de la prise de vue à un usage privé)
- demande de justifications précises de la part du musée dans le cas d’éventuelles interdictions
- formation du personnel sur les questions liées à la pratique photographique dans le musée (si ce n’est pas pour le désinformer au niveau du droit)
- effort demandé au musée sur la signalétique liée à la photo (en regrettant que ne soit pas explicitement indiqué que cela est aussi nécessaire pour son autorisation, surtout dans des circonstances encore inhabituelles comme dans les expositions temporaires. Plus généralement et au-delà de la question de la photo, le musée devrait réfléchir à la présence de pictogrammes positifs - verts - pour casser cette impression que tout y est interdit)
- incitation du musée à mettre à disposition gratuitement des reproductions numériques, « si possible d’une haute résolution », au moins « pour l’usage privé du public et à des fins d’enseignement » (ce qui serait déjà un progrès)
- encouragement du musée à inclure la pratique photographique dans son programme d’activités et de médiations (ateliers, conférences, école du regard, soirées thématiques, concours, etc)
- encouragement du musée à créer des liens avec des communautés d’utilisateurs (collectifs de passionnés, photographes, artistes, chercheurs, Wikipédiens, Amis des musées)
- attention particulière portée à la volonté des donateurs ayant conditionné leur don à une large diffusion

Points négatifs :
- absence dans le préambule d’une contextualisation de la question de la photo au musée, pour en montrer son apport positif possible (outil d’appropriation, de médiation, d’apprentissage du regard, de création et de démocratisation culturelle) tout en n’en n’occultant pas les problèmes que sa massification peut générer
- la responsabilité des problèmes que peut générer la pratique photographique au musée, n’est portée que par le visiteur et pas par l’institution. Manque l’incitation (le devoir) du musée à faire cohabiter les différentes pratiques des visiteurs, photographes ou non, sans jugement de valeur sur leur manière d’apprécier les oeuvres, par l’aménagement des salles, la présentation des oeuvres, une gestion raisonnée des flux
- limitation à un usage privé des photos des visiteurs, non justifiée et sans base légale pour des oeuvres du domaine public alors que la charte rappelle à plusieurs reprises la législation et qu’elle promeut en même temps le contraire, ce qui est absurde
- absence de la raison de l’interdiction du flash (pour le confort visuel de tous, visiteurs comme agents de surveillance), pour faire taire la légende de sa nocivité sur les oeuvres

JPG - 164.3 ko
OrsayCommons, mars 2011

PDF - 455 ko
Cliquez sur l’image

La restriction à un usage privé, une (fausse) règle universelle

(Engagement n°2 du visiteur, engagement n°1 du musée)

Comme Lionel Maurel l’a justement montré, la limitation de prises de photos à un usage privé n’a aucune base légale pour des oeuvres du domaine public (pour l’Europe : du vivant de l’auteur et 70 ans après sa mort). L’appartenance d’une oeuvre au domaine public permet un usage privé de sa reproduction (pour soi ou dans son cercle familial), mais aussi public (par exemple, diffusion sur Internet) et commercial, sans aucune autorisation requise de son propriétaire, qu’il soit une institution ou un particulier. La limitation à un usage privé n’est valable que pour des oeuvres encore soumises au droit d’auteur. Les deux types d’oeuvres peuvent cohabités dans un même musée.

Mais s’il a raison en théorie et que nous sommes d’accord avec lui sur le fond, il occulte les usages en cours, très ancrés dans les musées. Nous ne pensions pas à ce point, comme nous l’avons découvert en enquêtant plus avant sur le sujet. Même si notre charte ne comprenait évidemment pas cette restriction que nous avons dénoncée nous et d’autres dans le groupe, il n’est pas étonnant que le ministère l’ait retenue, vu qu’elle semble constituer une règle quasi universelle. En effet, à partir des informations recueillies à ce jour, les musées et monuments qui autorisent la photo, quels que soient leurs statuts, l’ancienneté de leurs collections, leurs pays aux législations variées, l’incluent tous dans leur règlement de visite [4]. Y compris, et cela paraît étonnant, ceux qui mettent librement à disposition sur Internet des photos de leurs oeuvres appartenant au domaine public comme le Getty ou la National Gallery of Art aux Etats-Unis (même si la législation américaine diffère sensiblement de la nôtre), ou ceux qui donnent l’illusion de le faire comme le Rijksmuseum à Amsterdam (depuis le 1er novembre 2013, le Rijksmuseum a changé en délivrant gratuitement des photos d’oeuvres du domaine public sans contrôle d’usage) ou la Walters Art Gallery de Baltimore, autant d’initiatives largement saluées par les défenseurs du domaine public. Y compris, c’est encore plus étonnant, des établissements culturels ayant noué des partenariats avec Wikipédia afin de générer du contenu sous licence libre - dont des photos -, comme, aux Etats-Unis, le Brooklyn Museum, coordinateur de l’opération pionnière Wikipedia Loves Art en 2009 et la majorité des musées partenaires, de même que le British Museum ou le Victoria & Albert Museum au Royaume-Uni, ou en France le Château de Versailles et Sèvres – Cité de la céramique [5]. Comme quoi la contradiction est partout. Je ne suis pas sûr que l’association Wikimédia soit elle-même au courant de cet état de fait. Interpeller ces musées pour qu’ils suppriment la mention de la restriction à un usage privé, voilà une idée d’action.

Toujours est-il que la limitation à un usage privé de photos d’oeuvres du domaine public, illégale sur le papier, n’empêche dans les faits pas grand chose. Par exemple, qui peut croire que tous les fabricants de tee-shirts, mugs et autres objets estampillés de la Joconde aient obtenu l’autorisation du Louvre ? On en doute. Quant à l’usage collectif, il n’y a qu’à voir toutes les photos de visiteurs publiés sans problème sur le Net, y compris du musée d’Orsay, pour constater qu’elle est sans effet. Les seuls soucis possibles - on connait quelques cas isolés -, concernent des photos d’oeuvres soumises au droit d’auteur, donc légalement restreintes à un usage privé, dont la diffusion sur des blogs ou plateformes de partage a pu faire l’objet de récriminations de la part de l’ADAGP, principale société de gestion des droits d’auteur dans le domaine des arts visuels. Mais avec une diffusion massive sur Internet quasi impossible à contrôler, de fait, ce droit est en train de tomber et l’on ne voit pas trop, pour des usages collectifs non commerciaux, en quoi cela lèse un artiste. Bien au contraire, cela fait connaître son oeuvre. On en profite pour signaler que l’ADAGP, sur son site, se garde bien de mentionner l’exception de copie privée pour des oeuvres soumises au droit d’auteur.

Que la limitation à un usage privé de la photo d’une oeuvre du domaine public soit illégale, le domaine national de Chambord en sait quelque chose, l’établissement public ayant été débouté en mars 2012 par le tribunal administratif d’Orléans de sa demande de paiement de plus de 250.000 € à la société Kronenbourg qui avait utilisé l’image de son château dans une publicité, sans son autorisation. Ne pouvant faire valoir un quelconque droit d’auteur pour un bâtiment si ancien, l’établissement avait d’ailleurs tenté de justifier sa requête par d’autres motifs, sans succès. Il trouva néanmoins un soutien médiatique tonitruant en la personne du ministre de la Culture de l’époque, Frédéric Mitterrand, qui dénonça des « techniques qui s’apparentent à de la prédation », montrant par là-même son ignorance de la loi... ou sa totale incompétence. Il n’empêche, le domaine de Chambord conserve toujours une clause litigieuse dans son règlement de visite - « Toute photographie réalisée dans le cadre d’une édition ou à titre professionnel est soumise à une autorisation et à une redevance«  -, comme d’autres, qui n’hésitent pas à recourir à la menace plus ou moins voilée comme le Château de Fontainebleau qui « décline toute responsabilité relative à un usage public non déclaré et qui ferait l’objet de poursuites devant les tribunaux » ou les musées royaux des Beaux-Arts de Belgique qui précisent que  »ces images ne peuvent en aucun cas être diffusées« . Aux Etats-Unis, le Metropolitan Museum of Art informe que  »les photographies ne peuvent pas être publiées, vendues, reproduites, transférées, distribuées ou exploitées commercialement de quelque manière que ce soit". Tout ceci, pour des oeuvres du domaine public, est sans fondement juridique. Alors, d’où vient cette restriction ?

Pour la France, la distinction entre usage personnel et professionnel de la prise de vue au musée trouve peut-être son origine dans une décision de 1959 qui met fin à la perception d’une taxe dans les musées nationaux pour « la prise de clichés photographiques au moyen d’appareils tenus à la main » concernant les amateurs. En revanche, la taxe en cours depuis 1922, qui n’était associée à aucune restriction de diffusion des clichés, était maintenue pour les prises de vue nécessitant du matériel (pied, éclairage) concernant plutôt les professionnels [6]. Quand le glissement s’est-il opéré d’une taxation initialement prévue pour service rendu (occupation de l’espace, mobilisation de personnel) vers un droit de regard sur la diffusion des prises de vue et leur tarification selon leur destination, sans aucune base légale [7] ?

La restriction à un usage privé se retrouve dans le règlement type des musées nationaux élaboré par le ministère de la Culture en 1979, objet d’un arrêté publié au Journal officiel visant à harmoniser les différents règlements en cours (qu’on aimerait bien trouver) [8] Même si, à partir des années 1990, plusieurs des musées nationaux ont acquis une certaine autonomie, leur permettant d’adopter leur propre règlement, la mention de l’usage privé et de son corollaire « à l’exclusion de toute utilisation collective ou commerciale » se retrouve dans nombre d’entre eux et est reproduite à l’infini chez tous les autres. Aujourd’hui, quand un musée prend la décision de renoncer à l’interdiction photo en appliquant unilatéralement cette restriction, que faut-il faire ? Se réjouir ou s’offusquer ? Même imparfaite, ce passage à l’autorisation constitue évidemment une avancée. C’est le cas pour trois exemples récents, déjà cités : le musée Fabre de Montpellier, le Grand Palais et la BnF pour ses espaces d’exposition.

Pour quelles raisons la restriction est-elle maintenue aujourd’hui dans les musées, jusqu’à se retrouver dans la charte photo du ministère ? Pour se couvrir vis-à-vis d’éventuels problèmes avec des auteurs vivants ou de leurs ayants-droits ? Par tentative maladroite de garder un monopole auquel ils ne peuvent pas prétendre sur la vente de produits dérivés en incitant à acheter dans leurs boutiques ou de payer des reproductions numériques, sachant que la taxe votée en 1921 sur les prises de vue, coïncidant avec l’instauration d’un droit d’entrée, avait pour but de renflouer les caisses des musées nationaux afin qu’ils puissent acquérir de nouvelles oeuvres ? Ou, peut-être, plus globalement, par « culture du contrôle » propre au monde muséal, pour reprendre une expression de Mélanie Dulong de Rosnay, chercheuse et membre de Communia [9]. D’autres avaient parlé carrément de « phobie de ces institutions à l’égard d’une évaporation du patrimoine culturel » [10]. Les résistances sont là, réelles et symboliques. Mais qu’est-ce qui pourrait arrêter la démocratisation numérique ?

JPG - 150.8 ko
OrsayCommons, mars 2011

PDF - 65.3 ko
Cliquez sur l’image

Charte de la pratique photographique et filmique dans les musées, monuments et autres lieux d’expositions

< cliquez sur l’image pour télécharger le document

Projet de charte proposé en mars 2013 au ministère de la Culture, à l’issue du groupe de réflexion sur les pratiques photographiques et filmiques des visiteurs dans les musées et monuments, par les signataires de la lettre ouverte qui en fut à l’origine :

• Serge Chaumier, muséologue, professeur des universités
• Julien Dorra, OrsayCommons. co-organisateur de Museomix
• Bernard Hasquenoph, Louvre pour tous, OrsayCommons
• Rémi Mathis, président de Wikimedia France
• Jean-Michel Raingeard, président de la Fédération Française des Sociétés d’Amis de Musées

1- Préambule

Ces dernières années, la pratique photographique et filmique est devenue omniprésente dans nos vies.

La prise de vue trouve un prolongement sur Internet par la diffusion massive des photos et films réalisés. La visite dans les musées et monuments n’échappe pas au phénomène. Plutôt que de les craindre, il faut accompagner ces nouvelles pratiques sociales, car elles peuvent constituer un formidable outil d’appropriation, de médiation, d’apprentissage du regard, de création et de démocratisation culturelle du patrimoine commun.

Ces nouvelles pratiques demandent d’inventer de nouvelles règles collectives.

Ces nouvelles règles ont pour objectif de créer une relation sereine et fructueuse entre le lieu d’accueil et le visiteur, une relation qui respecte : la diversité des modes de visite et les conditions de travail des personnels ; la notion de domaine public et le droit des auteurs des oeuvres exposées ; l’appropriation culturelle et la sécurité des œuvres.

Nous appelons les musées, monuments et lieux d’expositions à s’engager en faveur de la pratique photographique dans leur enceinte en co-signant cette charte.

II - Les règles collectives pour une photographie au musée sereine et fructueuse

1. Engagement du musée pour la pratique photographique culturelle

Diversité des modes de visites
L’établissement crée les conditions favorables à la cohabitation des différents modes de visite des visiteurs, avec ou sans photographie, par l’aménagement des salles, la présentation des oeuvres, la formation des personnels et la gestion des flux.

Clarté des règles
L’établissement informe des règles liées à la pratique photographique et filmique par l’affichage dès l’accueil et/ou à l’intérieur de ses espaces d’exposition, ainsi que sur ses supports de communication et son site web. Il utilise par exemple des pictogrammes d’autorisation et, le cas échéant, d’interdiction.

Œuvres librement photographiables
L’établissement s’engage à ne pas empêcher ni interdire la prise de vues photographiques ou audiovisuelles :
- des œuvres exposées qui sont dans le domaine public ;
- des œuvres encore protégées par le droit d’auteur, dès lors que les visiteurs prennent les photos ou films pour leur usage privé ou à des fins d’enseignement ou de recherche.

Explication des éventuelles interdictions
Si des œuvres sont soumises à une interdiction de prises de vue, l’établissement s’engage à en détailler les raisons, permettent aux visiteurs de comprendre qui sont les ayants droit ou prêteurs ayant souhaité l’interdiction, afin de les distinguer du musée. Cette identification claire des responsables d’une interdiction permet aussi de donner aux visiteurs la possibilité de les contacter pour une autorisation spéciale.

Œuvres ayant vocation à être largement diffusées
Certains donateurs ont conditionné leur don à une large diffusion notamment à fin d’éducation, et ces œuvres devraient de même faire l’objet d’une attention particulière en terme d’encouragement à la prise de vue.

Reproductions numériques
L’établissement se donne pour objectif de mettre à disposition gratuitement sur son site Internet des reproductions numériques de ses collections en haute résolution. La haute résolution s’entend comme une résolution permettant l’étude des détails d’une œuvre sur un écran actuel. À titre indicatif, un appareil photo amateur génère des images de 4000x3000 pixels, et un écran de smartphone actuel contient jusqu’à 1280x720 pixels (à actualiser).

Animations autour de la pratique photographique culturelle
Dans le cadre de ses animations, l’établissement peut inclure la pratique photographique et filmique sous toutes formes : ateliers, soirées dédiées en présence de médiateurs photographes, live-tweets, concours, etc. L’établissement peut mettre en place ces animations en relation avec des communautés pré-existantes de passionnés, les communautés locales Wikipedia, les communautés locales de photographes, artistes et chercheurs, les sociétés d’Amis des musées.

2. L’étiquette de la visite photographique

L’étiquette photographique est l’ensemble des nouveaux modes de partage de l’espace que l’usage de la photographie a créés. Il ne s’agit pas d’une série d’interdictions, mais bien d’un nouveau savoir-vivre commun que l’établissement aura à cœur de rendre naturel et serein.

De nombreuses formes de pédagogies ou de partenariats ont été évoqués pour aider les visiteurs à respecter ces règles : utilisation des temps de file d’attente, personnel spécifiquement formé, partenariat avec les constructeurs d’appareils…

L’établissement part du principe qu’un visiteur pleinement informé et accompagné une fois saura par la suite respecter l’étiquette, pour de nombreuses années.

Flash
Si les flashs modernes ne causent pas de dommages aux œuvres selon l’expert du Ministère de la Culture (exceptions à préciser), le flash reste une gêne visuelle indéniable pour les autres visiteurs et le personnel. Le visiteur photographe sera donc encouragé à désactiver son flash dès l’entrée de l’établissement.

Cohabitation des usages
Le visiteur fera en sorte de gêner le moins possible les autres visiteurs lorsqu’il utilise un appareil photo ou tout autre objet qui peut provoquer un arrêt devant une œuvre : caméra, smartphone, iPad, audioguide, carnet de note, guide de visite.

Protection des œuvres
Le visiteur, en photographiant, filmant ou en posant pour une photo ou un film, veillera à ne pas faire de gestes qui puissent mettre en danger les oeuvres.

Discrétion envers l’image des personnels
Le visiteur évitera de prendre en photo ou de filmer un membre du personnel en tant que sujet principal identifiable, et ne diffusera pas la photo ou le film sans son autorisation.

Prise de vue nécessitant du matériel
Pour une prise de vue nécessitant l’apport de matériel supplémentaire, comme un pied, de l’éclairage, le visiteur fera une demande d’accès auprès de l’établissement en s’acquittant, le cas échéant, d’une taxe correspondant à l’occupation du sol et à la présence nécessaire de personnels.

Respect de la loi
Le visiteur diffusera et partagera ses photos et films à l’extérieur de l’établissement, et plus spécialement sur Internet, en respectant le droit d’auteur - les photos d’œuvres non tombées dans le domaine public ne doivent pas être mises sur Internet sans l’accord des auteurs ou des ayants-droits - et la vie privée des personnes y figurant, selon la législation en vigueur.


:: Bernard Hasquenoph | 2/10/2013 | 08:22 | 13 commentaires

© Louvre pour tous / Interdiction de reproduction sans l'autorisation de son auteur, à l'exception des textes officiels ou sauf mention expresse

RETOUR HAUT DE PAGE

EN COMPLÉMENT


VOS COMMENTAIRES


Thierry BENNE, le 15/11/2014, à 06:02 |

@ munstead

« On passe devant les œuvres en les photographiant sans les regarder vraiment ».

Admettez que les façons et les pratiques puissent être personnelles et que l’acte de photographier puisse ne pas être purement inconscient ou encore entièrement automatique. Pour ma part et je ne suis certainement pas le seul, je me souviens précisément de la quasi-totalité des oeuvres que j’ai photographiées même plusieurs décennies en arrière et qui le plus souvent ne correspondent nullement par leur angle, leur recul, leur éclairage, leur grain, leur focalisation à la carte postale en vente dans le musée (quand elle existe). Sincèrement sauf élitisme particulier, je ne vois pas en quoi, le photographe qui visite un musée et qui prend soin de respecter les autres visiteurs devrait dès qu’il franchit la porte de cet établissement répudier immédiatement sa culture personnelle de l’image. Et ce au profit d’interdits, qui tiennent plus souvent de la facilité, du défaut de réflexion et d’une certaine condescendance vis-à-vis d’une approche qui pour ne pas correspondre directement à celle de l’Ecole des Chartes n’en n’est pas moins la construction patiente et sélective d’un musée personnel qui en vaut bien d’autres.


Thierry BENNE, le 15/11/2014, à 05:43 |

POUR LE SIGNALEMENT DANS LES GUIDES OU LA PUBLICATION DANS LES REVUES PHOTO DES MUSÉES QUI N’AIMENT PAS LES PHOTOGRAPHES

Effectivement et en dehors des expositions spéciales qui comportent des oeuvres venant du privé ou de collections externes dont le droit de reproduction n’appartient pas au musée , on ne comprend guère l’interdiction générale de photographier (sans flash) à laquelle se heurtent de plus en plus souvent les photographes. Pour qui fréquente assidûment un musée, la présence agglutinée et durable d’un groupe d’une cinquantaine de personnes ou plus sous la houlette d’un guide qui doit hausser le ton pour se faire entendre n’est assurément pas un plus et disons que le respect de l’autonomie et de la tranquillité des autres visiteurs est une notion à géométrie très variable.

Malgré quelques progrès, on s’aperçoit donc qu’il est très difficile d’uniformiser et de rationaliser les pratiques muséales dont certaines confinent à l’abus pur et simple. Une suggestion quand même qui pourrait faire réfléchir quelques autocrates murés dans leurs certitudes et leurs interdits : que les guides - Michelin, Géo et autres - mentionnent systématiquement par un pictogramme le régime applicable dans leur établissement : interdiction totale - interdiction du seul flash - autorisation totale. De cette façon, les photographes qui ne peuvent généralement pas visiter tous les musées d’une grande ville sauront choisir ceux - il en existe encore - qui les considèrent comme bienvenus. Parallèlement la publication par les grandes revues généralistes d’une liste noire des musées où les photographes ne sont pas les bienvenus serait sans doute de nature à faire bouger les lignes.


Ostarc, le 27/10/2014, à 12:07 | http://ostarc.blogspot.fr

Bonjour,

J’aimerais vous faire part de deux anecdotes qui, hélas, montrent que la lutte contre les « voleurs de souvenirs » sera longue (alors que la directive ministérielle date de presque 4 mois).

Une récente expérience au musée d’Orsay où je me suis vu interdire de photographier dans certaines salles (pas toutes, mais aucune indication ne le précise puisque les panneaux d’interdiction sont omniprésents). Les arguments de la « fluidité du parcours client » ressassés par le personnel sont toujours les mêmes, alors que les salles étaient relativement peu peuplées.

Une autre expérience, sur le fond plus embêtante, vécue au Musée des impressionnismes de Giverny, où j’ai été harcelé par un gardien qui finalement n’a surveillé que moi pendant toute ma visite. Je me suis plaint auprès du directeur (ou gérant du moment) de l’établissement qui a répondu (manifestement sans connaitre la directive) que cela ne s’appliquait pas à son établissement. Et le problèmes est effectivement que l’application de la directive, si on s’en tient au texte, est très limitée géographiquement puisqu’elle ne s’impose qu’au établissements publics culturels nationaux, soit 34 musées ou monuments, et elle est simplement suggérée aux autres établissements. Or le musée de Giverny est un établissement public régional.

Probablement avez-vous, ayant participé aux débats pour la directive, de meilleures informations sur cette application et s’il est vrai qu’elle ne s’impose pas aux milliers de musées de province.

Bernard Hasquenoph / Louvre pour tous, le 29/10/2014, à 08:57 |

Merci pour votre message. Une charte n’a qu’une valeur incitative. Elaborée par le ministère de la Culture, elle se veut un signe et un encouragement à accompagner la pratique de la photo dans tous les musées, quel que soit leur statut. C’est une prise de position qui les concerne tous, sachant que le label Musée de France est décerné par le ministère.


Serge , le 23/12/2013, à 10:08 | http://www.formation-museographie-m...

Merci pour cet article documenté et fort bien argumenté. Un beau travail de synthèse. Oui il faut dire et redire les arguments car beaucoup d’idées fausses et d’a priori ont la vie dure, comme en attestent certains commentaires (Munstead et autres). Il faut faire circuler aux institutions qui interdisent encore, souvent par manque de réflexion sur le sujet.


Pierre DUPUY, le 22/10/2013, à 17:48 |

Bonjour. Je soutiens absolument (à rebours de certains commentaires agressifs) la cause du Louvre pour tous et sa défense de la photographie dans les musées. Mis à part le cas flagrant du musée d’Orsay, je trouve que la France n’est pas encore totalement fermée sur le sujet. Pour être allé en Espagne cet été, je puis vous dire que les mesures sont plus drastiques : photos interdites dans les sites du patrimoine national, c’est-à-dire palais et monastères où la visite guidée se fait accompagnée de vigiles (une impression assez désagréable d’être surveillé) et photos également interdites au Prado où les surveillants guettent la moindre « infraction » ... Espérons que la France n’imite pas le modèle espagnol ! Quoi qu’il en soit, encore toutes mes félicitations pour votre engagement !

Bernard Hasquenoph / Louvre pour tous, le 22/10/2013, à 19:18 |

Merci Pierre. Oui, les musées méritent mieux que de ressembler à des prisons.


Garance, le 10/10/2013, à 15:06 |

Flash : l’usage du flash est absolument à proscrire dans les musées ! C’est nuisible aux oeuvres, quoi qu’en dise le ministère de la culture et c’est extrêmement désagréable pour les autres visiteurs. Et je ne parle pas des guides ou des personnels de surveillance qui les subissent à longueur de journée !

Bernard Hasquenoph / Louvre pour tous, le 10/10/2013, à 17:13 |

Mais, chère Garance, qui a dit le contraire ? Tout le monde est d’accord pour interdire l’usage du flash au musée mais s’il est interdit, c’est pour le confort visuel de tous, pas pour sa nocivité pour les oeuvres. Mais si vous connaissez des études plus sérieuses que celle que M. Ezrati a réalisée pour le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) du ministère de la Culture, n’hésitez pas à nous les adresser. Bien à vous


munstead, le 9/10/2013, à 12:33 |

Merci pour cette longue réponse.
- Flux : oui. L’erreur que certains avaient noté dès le départ a été de ne prévoir qu’une seule entrée dans un bâtiment aussi vaste que le Louvre. C’était une facilité, on la paye aujourd’hui que la fréquentation a augmenté. Ceci dit la gestion des flux passera par certainement par une limitation du nombre des visiteurs et ds queues encore plus longues.
- Flash. Je répète simplement qu’un lux est un lux. 500 flashes par jour sur un tableau lui font plus de mal que de bien.
- Censure : un de mes précédents messages de l’an passé, sur le même sujet n’était jamais apparu à l’écran.
- Mépris : pourquoi tenez-vous absolument à donner une dimension morale (et même xénophobe) à mes propos ? C’était d’ailleurs ce dont vous m’accusiez dans un précédent échange. Il ne s’agit pas de mépris, mais de civilité, de règles de vie en commun, c’est-à-dire essayer de ne pas se gêner mutuellement. Je soutiens que les gens qui prennent des photos avec leur mobile, leur appareil, ou pire leur tablette me gênent et gênent tous ceux qui viennent au musée pour voir et regarder tranquillement des œuvres d’art. La contrepartie de cette gêne - rapporter chez soi une trace généralement de médiocre qualité de sa visite - ne me parait pas justifier d’empêcher les autres de regarder tranquillement un tableau. Quand vous dites « Un musée est à tout le monde, pas seulement à ceux qui croient savoir l’apprécier. C’est cela, je pense, la démocratisation. » Je ne vous suis que pour la première affirmation. « Ceux qui croient savoir l’apprécier » … j’ai noté que vous ne pouviez vous priver de ce genre de remarque. La démocratisation des musées n’est certainement pas de rendre ces lieux désagréables à fréquenter. Or nous en sommes là. Le Louvre est devenu une épreuve. Il faut franchir le hall de gare bruyant de l’entrée, les effluves sortant des toilettes ou des des restaurants de l’entresol, se frayer un chemin la queue devant les vestiaires, regretter la librairie qui a perdu beaucoup de da qualité, pour après un long parcours mal fléché (trouver les salles des arts islamiques est un exploit) découvrir enfin une belle exposition-dossier (on parle de les réduire) ou les salles de la peinture française un peu délaissées. Je sais que c’est votre combat, mais je crois que sur le sujet de la photo, vous vous fourvoyez au nom de ce que vous appelez une démocratisation et qui n’est qu’un nivellement.

Bernard Hasquenoph / Louvre pour tous, le 9/10/2013, à 20:45 |

J’aimerais bien que vous me disiez précisément sur quel article je vous ai censuré parce que franchement...


munstead, le 4/10/2013, à 15:36 |

trois points . • Donc pour permettre à tout un chacun de prendre sa photo-souvenir, vous préconisez de réguler les flux. En termes clairs, moins de visiteurs dans les grands musées, et des conditions d’accès encore plus compliquées pour les visiteurs et touristes individuels. • La non nocivité des flashs actuels ? Un lux est un lux me semble-t-il et l’exposition, par exemple, de dessins anciens, à des milliers de coups de flash ne parait pas faire partie des conditions de conservation idéales . Toutes les installations mises en place depuis vingt ans pour le dessin, la photographie, les tissus, les enluminures seraient donc inutiles ? Pourrait-on avoir des précisions scientifiques et non pas de simples affirmations ? • Le droit de chacun de photographier ce qu’il veut dans un musée étant apparemment acté, qu’en est-il de tous ces touristes (asiatiques pour la plupart et pour le moment) sont la principale préoccupation est de se faire prendre en photo devant une œuvre, qu’ils masquent ainsi et cachent aux autres visiteurs (+ flash très souvent) en prenant des poses supposées comiques, voire énamourées. Et c’est là une grande partie du problème, les photographes perturbent, par leur omniprésence et souvent leur sans-gêne, l’accès aux œuvres des non-photographes. Au nom de quoi ? Du droit à posséder une image qui, dans la plupart des cas, sera éliminée une fois de retour à la maison, parce que de mauvaise qualité, ou reléguée dans un cloud quelconque ? Je précise qu’il m’arrive parfois de prendre des photos, généralement de détail d’une œuvre, en faisant attention à ne gèner personne, et la plupart du temps dans des petits musées vides. Mais là n’est pas le problème, c’est celui d’une vision médiatisée de l’œuvre dans de mauvaises conditions de prise de vue, au détriment du seul regard. On passe devant les œuvres en les photographiant sans les regarder vraiment. Au nom d’une démocratisation de l’art ? Les musées ne sont-ils pas, depuis leur création, la manifestation d’un souci de démocratisation de l’art ? Au nom du nouveau primat du numérique ? je sens que je vais une fois encore me faire traiter d’élitiste et me faire censurer.

Au fait dans cette fameuse commission, vous dites que les visiteurs étaient représentés. Par qui ? Par une seule association ?

Bernard Hasquenoph / Louvre pour tous, le 4/10/2013, à 16:50 |

Cher « Munstead »

• réguler les flux est un impératif pour les grands musées et pour tout établissement recevant du public, ne serait-ce que pour des questions de sécurité et pour le confort de tous, photographes ou pas. La solution n’est pas forcément de diminuer le nombre de visiteurs bien qu’un établissement ne soit pas non plus extensible à l’infini mais de créer par exemple plusieurs entrées (mais il faut du personnel), d’inciter les visiteurs à emprunter différents circuits à l’intérieur du musée… C’est une question d’aménagement et de mise à distance des oeuvres par différents moyens.

• au sujet du flash, je me réfère aux Muséofiches Éclairage, publiées par le ministère de la Culture, où l’on peut lire ceci : « En ce qui concerne les flashs dont sont munis les appareils du public, vingt fois moins puissants que ceux des professionnels, il faut les interdire, non pour des raisons de conservation mais par respect des autres visiteurs ». Cela nous a été confirmé lors de ces réunions par l’auteur de ces études Jean-Jacques Ezrati, éclairagiste-conseil auprès des Musées de France (dont j’ai cité la présence). La lumière en soi est une source de dégradation pour les oeuvres (pour vraiment les protéger, il ne faudrait pas du tout les exposer), avec un effet plus ou moins nocif selon leurs supports, ce pour quoi certaines sont exposées dans des conditions particulières en effet, qui dissuadent, en général, de faire une quelconque photo.

• Libre à vous de mépriser les visiteurs photographes type touristes, forcément asiatiques, et l’usage qu’ils font selon vous de leurs photos, forcément sans intérêt. Sans jugement sur les comportements des uns et des autres, je plaide, pour ma part, pour une cohabitation pacifique des pratiques (tant qu’elles ne mettent pas en danger les oeuvres) qui passent par l’aménagement, la régulation des flux et le respect de règles de civilités comme dans n’importe quel espace public. Un musée est à tout le monde, pas seulement à ceux qui croient savoir l’apprécier. C’est cela, je pense, la démocratisation.

• pourquoi vous censurais-je ? et pourquoi encore ? Là, mystère.

• Relisez-moi, en parlant des signataires de la lettre ouverte, j’ai écrit : « pour certains EN QUELQUE SORTE représentants des publics ». A moins que vous ne considériez pas, par exemple, le président de la Fédération Française des Sociétés d’Amis de Musées représentatif de milliers de visiteurs passionnés partout en France. Pour la plupart, nous sommes avant tout de simples visiteurs, nous ne sommes pas des professionnels des musées et nous nous engageons pour ce que nous pensons être juste. Libre à vous de faire de même.

Bien à vous


LAISSEZ UN COMMENTAIRE

Attention, votre message n'apparaîtra qu'après avoir été relu et approuvé dans le respect des lois et règlements en vigueur et du droit des personnes.


NOTES

[1] Pas suffisamment pour mettre en danger l’institution et peser sur ses choix (rajouté le 3 octobre).

[2] Cette lettre ouverte a reçu le soutien du Parti Pirate France dans un texte qui s’insurge contre l’interdiction photo au musée, tout en véhiculant de drôles d’idées, plutôt contre-productives. Perpétuant d’emblée la légende infondée de la nocivité du flash sur les œuvres, argument phare des partisans de l’interdiction radicale de la photo, il propose la pire des solutions : des horaires réservés à la pratique photographique. Une très mauvaise idée, qualifiée de « progrès » par l’auteur, puisqu’elle pourrait inciter les musées autorisant jusque là la photo, à l’interdire tout bonnement la majeure partie du temps. Mieux que ça, il crée une hiérarchie de valeur entre visiteurs, ce qui s’oppose à toute idée de démocratisation, en proposant de réserver cette autorisation partielle à un public choisi : « des étudiants en art ou des individus qui souhaitent pour une raison ou une autre avoir une reproduction numérique de haute qualité d’une œuvre d’art ». Ce qui exclut tous les autres usages, des plus populaires aux plus artistiques : photo souvenir, photo d’oeuvres en situation, photo d’ambiance, documentation, travail artistique... soit l’essentiel de la production des visiteurs photographes. En clair, il propose de mettre en place un système de ségrégation entre visiteurs, dans une vision très élitaire qu’on ne s’attendait pas à trouver au Parti Pirate. Sans compter que ce qu’il propose existe déjà depuis des décennies dans les musées autorisant la photo, à savoir que n’importe qui peut faire la demande d’autorisation de faire des photos dans des conditions optimum (ou d’en faire tout simplement comme dans le cas d’Orsay) mais, pour cela, il se verra demander une redevance pour service rendu, évalué la plupart du temps selon la destination des clichés, ce qui est sans base légale. Pour dire que ce texte défend le droit de photographier au musée, il préconise « d’aménager des horaires de visites spécifiques, qui ne nuiraient pas forcément aux visiteurs normaux », les anormaux étant, on en conclut, ceux qui prennent des photos ! Et pire encore : “Par contre, pour des visites familiales ou groupées, il n’y a pas de véritable solution. Et dans ce cas, sauf si le photographe peut le faire sans gêner les autres visiteurs, il semble que l’interdiction puisse être justifiée.". En disant combattre l’interdiction photo, ce texte finit par la justifier. On veut bien croire aux bonnes intentions de l’auteur mais, par ignorance manifeste du sujet, sa manière de défendre la cause se révèle pour le moins dramatique. Je ne suis pas sûr que tous ceux qui ont applaudi ce texte en mesurent bien les conséquences.

[3] Géraldine Salord, avocat ; Annie Héritier, maître de conférences en droit public ; Mélanie Delong de Rosnay, chercheur, responsable juridique de Creative Commons France. Même conclusion de la juriste Anne-Laure Stérin, auteure du Guide pratique du droit d’auteur, éd. Maxima, 2011.

[4] Liste amenée à être complétée (sources : règlements intérieurs accessibles sur le Net, renseignements pris auprès des musées). Nous n’avons pas encore trouver de musées qui ne conditionnent pas la prises de photos à un usage privé, explicitement ou en mentionnant l’obligation de demander une autorisation pour toute autre utilisation. Sans compter ceux qui ne mentionnent aucune restriction mais qu’ils la prévoient bien, si on leur pose la question.
En France :musée du Louvre, musée d’Orsay (quand il autorisait la photo), musée du quai Branly, Archéologie nationale, Arts décoratifs, Grand Palais, Sèvres – Cité de la céramique, Cité de l’Architecture et du Patrimoine, MuCEM, Château de Versailles, Musée national de la Marine, Muséum national d’histoire naturelle, BnF (espaces d’exposition), Château de Chambord, musées municipaux de Paris, Rouen, Angers, musée Unterlinden (Colmar), musée Fabre (Montpellier), Musée de Grenoble, Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne, Musée des Beaux-arts de Caen, Musée des Beaux-Arts et Musée Rude de Dijon, Musée des Beaux-Arts de Quimper...
A l’étranger : musées royaux des Beaux-Arts de Belgique / musées de Berlin (DEU) / British Museum, Wallace Collection, Musée national de la Marine, Musée National de l’Armée, Victoria & Albert Museum (GBR) / Musée des antiquités égyptiennes de Turin (ITA) / Musée de l’Acropole (GRC) / Rijksmuseum, Musée van Gogh, Stedelijk Museum (NLD) / Château du Wawel (POL) / Galerie Tretiakov, Musée de l’Ermitage (RUS) / Musée des Beaux-Arts du Canada, Musée des Beaux-Arts de Montréal, Musée royal de l’Ontario (CAN) / Art Institute of Chicago, Brooklyn Museum, Carnegie Museum of Art, Field Museum, Getty Center Los Angeles, Honolulu Museum of Art, LACMA, Metropolitan Museum of Art, MoMA, National Gallery of Art, Seattle Art Museum, Smithsonian Institution, Taft Museum of Art (USA) / Museum Victoria (AUS) / Mimoca, Musée national de Tokyo (JAP).

[5] Nous ne parvenons pas à obtenir la réponse sur les conditions de prises de vue au Muséum d’histoire naturelle de Toulouse, pionnier dans la démarche d’ouverture de ses collections.

[6] Taxe spéciale de photographie dans les musées nationaux, leurs cours, jardins et dépendances extérieures, arrêté du 20 février 1959 du ministre d’Etat et le ministre des finances et des affaires économiques. Journal officiel du 19 mars 1959. Lire aussi : « Le droit de photographier au Louvre. Conditions de visite et conditions de travail » par Anne Krebs, in Visiteurs photographes au musée, déjà cité. Loi de finances de 1922, 31 décembre 1921, article 119 : « Le droit de peindre, dessiner, photographier et cinématographier dans les musées, collections et monuments précités donnera lieu à la perception d’une taxe spéciale ».

[7] Guide pratique du droit d’auteur, Anne-Laure Stérin, éd. Maxima, 2011, p.229.

[8] Règlement intérieur des musées de France, arrêté du 13 mars 1979 de Jean-Philippe Lecat, ministre de la Culture et de la Communication, Journal officiel du 6 avril 1979.

[9] A lire son texte passionnant : « Les politiques institutionnelles, entre restrictions contratuelles et collaborations avec des sites de partage », in Visiteurs photographes au musée, déjà cité.

[10] Droit, œuvres d’art et musées, Marie Cornu et Nathalie Mallet-Poujot, CNRS Éditions, 2006, p.477.



RECHERCHER DANS TOUT LE SITE

Version imprimable de cet article Version imprimable



SOUTENEZ NOTRE DÉVELOPPEMENT LOUVRE POUR TOUS AGRÉÉ J'AIME L'INFO
EN LIEN


UNE CITATION, DES CITATIONS
« Pour les expositions à la gloire d’un parfum, d’un bijoutier ou d’un marchand de sacs, je suis désolé, il faudra aller voir ailleurs. » Alain Seban, président du Centre Pompidou, voeux au personnel | 21.01.14
d'autres citations [...]
piedlouvrepourtous
contact presse i credits i mentions legales
Copyright © Louvre pour tous 2008/2014 Tous droits réservés