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A Versailles, le frère très gay de Louis XIV

Bernard Hasquenoph |

Louvre pour tous | 6/01/2009 | 12:30 | 3 commentaires


La figure haute en couleur de Monsieur, frère du Roi, ancêtre de tous les princes actuels européens, vient contredire l’image compassée que certains voudraient donner du Versailles louis-quatorzien.

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Monsieur, Ecole Pierre Mignard © DR

06.01.09 | SAINT-SIMON, dans ses Mémoires, dresse de lui un portrait resté célèbre : « C’était un petit homme ventru, monté sur des échasses tant ses souliers étaient hauts, toujours paré comme une femme, plein de bagues, de bracelets et de pierreries partout, avec une longue perruque toute étalée devant, noire et poudrée et des rubans partout où il pouvait mettre, plein de sortes de parfums et en toutes choses la propreté même. On l’accusait de mettre imperceptiblement du rouge... » [1]. Philippe d’Orléans dit Monsieur, frère cadet de Louis-Dieudonné dit Louis XIV, avait alors la cinquantaine.

Le jeune homme qu’il fut avait été des plus minces, fort beau et en tout gracieux. Surtout quand il s’habillait en fille, comme il l’affectionnait dès la plus tendre enfance, pratique encouragée dit-on par Mazarin pour l’éloigner des tentations du pouvoir. Son compagnon de jeu d’alors, le futur abbé de Choisy, travesti Grand Siècle et amateur de jolies filles tout en étant prêtre et auteur d’une Histoire de l’Église en onze volumes, témoigne : « On m’habillait en fille toutes les fois que le petit Monsieur venait au logis, et il y venait au moins deux ou trois fois la semaine. J’avais les oreilles percées, des diamants, des mouches et toutes les autres petites affèteries auxquelles on s’accoutume fort aisément et dont on se défait fort difficilement. Monsieur, qui aimait tout cela, me faisait toujours cents amitiés. Dès qu’il arrivait, suivi des nièces du cardinal Mazarin, et de quelques filles de la Reine, on le mettait à la toilette, on le coiffait (...). On lui ôtait son justaucorps, pour lui mettre des manteaux de femme et des jupes... » [2].

Jeune homme, le prince conserva l’habitude de se travestir, profitant des bals masqués et autres carnavals pour assouvir son goût en public, ce qui ne troublait pas même sa mère : « Quand j’arrivai au Louvre, Monsieur était habillé en fille avec les cheveux blonds. La reine me disait qu’il me ressemblait », note la Grande Mademoiselle, sa cousine. Il avait dix-huit ans. Sans doute eût-il aimé vivre ainsi le plus souvent mais, selon l’abbé de Choisy, « il n’osait à cause de sa dignité : les princes sont emprisonnés dans leur grandeur. Mais il mettait le soir des pendants d’oreille et des mouches, et se contemplait dans ses miroirs, encensé par ses amants ». Parmi ceux-ci, appelés chastement « favoris » par des générations d’historiens, on trouvait le marquis de Châtillon, le comte de Guiche et le grand amour de sa vie le chevalier de Lorraine « fait comme on peint les anges » avec qui il vécut une laison orageuse durant trente ans [3]. Il semblerait qu’avec tous, il entretint des relations sur le mode sado-masochiste, moralement si ce n’est autrement.

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La famille de Louis XIV (Monsieur à gauche) par Jean Nocret | Versailles © DR

UNE PETIT SODOME
Alors que le crime de sodomie, au XVIIe siècle, était encore passible de la mort par le bûcher [4], l’aristocratie, et plus encore l’entourage royal était peu inquiété, pour ne pas dire jamais. Bien au contraire. Bien que cela nous stupéfie aujourd’hui, le « vice italien » comme on l’appelait alors semble avoir été communément admis. Ainsi, malgré la « singulière horreur [du roi] pour tous les habitants de Sodome » dixit Saint-Simon [5], la Cour de France comptait son lot de bougres et de bardaches [6] parmi lesquels, hormis Monsieur, de grands noms : le prince de Condé, les ducs de Vendôme, de Villars et de Gramont, le prince Eugène de Savoie, les maréchaux de Turenne et d’Huxelles... Rien d’étonnant d’y compter de grands militaires, l’armée était alors très homophile tout comme l’Eglise d’ailleurs jusqu’à de hauts prélats comme le cardinal de Bouillon connu pour ses « moeurs infâmes » et très apprécié du roi [7]. Les femmes n’étaient pas en reste. On cite volontiers comme adepte d’amours lesbiens, la princesse de Monaco [8]. Enfin, parmi les artistes - ce qui nous surprend moins aujourd’hui - l’exemple le plus connu reste bien entendu Jean-Baptiste Lully, le musicien préféré du roi, que l’on disait lié de coeur avec son librettiste Philippe Quinault.

Une Cour versaillaise en voie de se transformer en une « petite Sodome » selon le mot du marquis de Sourches [9], avec, dans les années 1680, la constitution d’une société secrète homosexuelle dont les membres de plus en plus nombreux se recrutaient dans la plus haute noblesse. On y trouvait le jeune fils du roi, le comte de Vermandois, bâtard légitimé d’à peine quatorze ans, ce qui déclencha l’ire royale [10]. Traumatisé par la récente Affaire des Poisons mêlant orgies et messes noires, le roi mit brusquement fin à cette maçonnerie de moeurs, son indignation morale servant de prétexte à dissoudre un groupe de jeunes seigneurs remuant lui rappelant par trop la Fronde. Puis la colère du roi passée, malgré l’avis du prédicateur Bourdaloue qui l’excitait contre « ces monstres que l’Ecriture lui défend de nommer » [11] mais dissuadé par son ministre Louvois de mener plus avant une campagne contre les sodomites de la Cour qui aurait eu pour conséquence de ruiner... l’armée [12], la vie et la nature reprirent leur cours.

AU POIL ET À LA PLUME
Bien que ces catégories n’aient eu aucun sens à l’époque, homosexuels, hétérosexuels ou « au poil et à la plume » selon l’expression consacrée [13], toutes et tous avaient en commun de différencier nettement l’assouvissement de leurs plaisirs particuliers d’avec leur fonction ou leur devoir de procréation dans le cadre strict de mariages toujours arrangés [14]. Ainsi, Monsieur vécut toute sa vie ouvertement ses amours masculines, « avec le plus grand scandale » selon le prude Saint-Simon [15], tout en assumant - gardien intransigeant de l’Etiquette - son rang, ses devoirs religieux comme conjuguaux. De la même façon, son frère, hétérosexuel de nature, parallèlement à un mariage officiel, enchaîna les maîtresses de plus en plus jeunes, essaimant quelques « bâtards », jusqu’à Madame de Maintenon avec qui il se maria secrètement et qui le convertit sur le tard à la bigoterie.

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La Princesse Palatine par François de Troy (détail) © DR

Monsieur, qui eut six enfants de deux mariages, formait avec sa seconde épouse, Charlotte-Élisabeth de Bavière dite la princesse Palatine, un couple des plus pittoresques et disparates. Elle était presque autant masculine que lui était efféminé. Elle adorait la chasse quand Monsieur ne supportait pas l’idée de tuer un animal, sa forêt de Saint-Cloud étant pour les créatures du Bon Dieu un havre de paix. Madame n’avait aucun goût pour la toilette, le maquillage et les bijoux quand lui en rafollait au point qu’il l’obligeait à se parer pour les grandes occasions. Elle fut contrainte de faire intervenir son confesseur pour qu’il cesse de la « farder de rouge contre [sa] volonté » [16].

La princesse a laissé suffisamment de lettres - on dit qu’elle en a écrit 60 000 ! - pour qu’on ait une idée de leur intimité. Une fois passée la surprise d’un époux couvert de pierreries et noyé de parfum - lui, en la découvrant, aurait murmuré à ses mignons « Oh ! comment pourrais-je coucher avec elle ? » [17] -, elle accepta ses goûts avec placidité : « Pour ce qui est de Monsieur, j’ai beau faire de mon mieux pour le persuader que je ne veux pas le troubler dans ses divertissements et son amour des hommes, il croit toujours que je veux l’empêcher de donner tout son bien à ses galants... » écrit-elle par exemple à sa tante en 1693 [18]. Comment pourrait-elle être choquée de ses moeurs, elle qui y voit un signe de grandeur : « Tous les héros étaient ainsi : Hercule, Thésée, Alexandre, César, tous étaient ainsi et avaient leurs favoris... » Grâce à sa fine analyse, on comprend mieux comment ces messieurs s’arrangeaient de la condamnation de l’Eglise : « Ceux qui, tout en croyant aux Saintes Écritures n’en sont pas moins entâchés de ce vice-là, s’imaginent que ce n’était un péché que tant que le monde n’était pas peuplé. Ils s’en cachent tant qu’ils peuvent pour ne pas blesser le vulgaire, mais entre gens de qualité on en parle ouvertement. Ils estiment que c’est une gentillesse et ne font pas faute de dire que depuis Sodome et Gomorrhe notre Seigneur Dieu n’a plus puni personne pour ce motif... » [19]. Trente ans de fréquentation de la Cour l’ont rendu experte de la question homosexuelle : « Sur ce chapitre, je suis devenue tellement savante ici en France, que je pourrais écrire des livres là-dessus. » reconnaît-elle en 1701 [20].

CORVÉE CONJUGALE
Sous la plume truculente de La Palatine, Liselotte pour les intimes, les anecdotes savoureuses ne manquent pas. Dans une lettre écrite une fois Monsieur décédé, on apprend ainsi l’usage très particulier qu’il faisait de son chapelet pour l’assister dans le lit conjugal :

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Monsieur, père de famille, près du portrait de sa fille par Mignard (détail) © DR

« Feu Monsieur m’a fait rire une fois de bon coeur. Il apportait toujours au lit un chapelet d’où pendait une quantité de médailles, et qui lui servait à faire ses prières avant de s’endormir. Quand cela était fini, j’entendis un grand cliquetis de médailles, comme s’il les promenait sous la couverture. Je dis : »Dieu me le pardonne, mais je soupçonne que vous faites promener vos reliques et vos images de la Vierge dans un pays qui lui est inconnu.« Monsieur répondit : »Taisez-vous, dormez. Vous ne savez ce que vous dites.« Une nuit je me levai en douceur et je dirigeai la lueur du bougeoir dans le lit comme il promenait ses médailles sous la couverture. Je le saisis par le bras et lui dis en riant : »Pour le coup, vous ne sauriez plus me le nier« . Monsieur rit aussi et dit : »Vous qui avez été huguenote, vous ne savez pas le pouvoir des reliques et des images de la Sainte Vierge. Elles garantissent de tout mal les parties qu’on en frotte« . Je répondis : »Je vous demande pardon, Monsieur, mais vous ne me persuaderez point que c’est honorer la Vierge que de promener son image sur les parties destinées à ôter la virginité« . Monsieur ne put s’empêcher de rire et dit : »Je vous prie, ne le dîtes à personne" [21]. Raté, trois siècles après, on en rit encore.

Une fois leur descendance assurée, à partir de 1676, Monsieur abandonna son épouse à sa chambre, pour le plus grand bonheur de celle-ci qui connut là la fin de son calvaire :

« Peu après la naissance de ma fille (...), Monsieur a fait lit à part, et le commerce ne me plaisait pas assez pour prier feu Monsieur de revenir dans mon lit. Quand Sa Dilection dormait dans mon lit, je devais me tenir sur le bord, si bien que je suis tombée souvent en dormant du lit, car S.D. ne pouvait souffrir qu’on le touchât, et quand cela m’arrivait en m’endormant d’étendre un pied et de le toucher, il me réveilla et me grondait pendant une demi-heure » [22].

A compter de ce jour, les époux n’eurent plus aucun rapport sexuel [23] mais conservèrent une estime mutuelle et tendre. En guise de souvenir, Monsieur laissa à Madame une maladie intime, Monsieur savait se montrer généreux.

PRINCE DES ARTS
La princesse Palatine se réfugia dans une activité epistolaire frénétique tandis que Monsieur se consacrait à ses plaisirs et à l’aménagement de ses deux résidences principales, le Palais-Royal à Paris et le château de Saint-Cloud dont il fit un « palais des délices » d’après Saint-Simon [24]. Car la plus grande gloire de Monsieur est peut-être d’avoir été le plus grand mécène du royaume après son frère, protecteur éclairé des arts de son temps. Propriétaire d’une collection d’art inestimable dont il exposait le fleuron près de sa chambre à Saint-Cloud, on pouvait y admirer des chefs d’oeuvres du Titien, de Véronèse et de Van Dyck, des céramiques venues principalement d’Orient, des pièces de cristal de roche, des bijoux et autres sculptures de pierres précieuses dont un Saint-Sébastien d’ébène aux yeux de perles. Le Palais-Royal recelait pas moins de 169 tableaux, essentiellement de maîtres hollandais.

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Le domaine de Saint-Cloud au XVIIe (Détail) © DR

Mais son oeuvre maîtresse reste son domaine de Saint-Cloud dont seuls, hélas, les jardins et le parc confiés à Le Nôtre ont survécu [25]. Ceux-ci, parsemés de grottes, de jeux d’eaux et d’une cascade somptueuse, étaient ouverts au tout-venant. Pour le bâtiment, il fit appel à Jules Hardouin-Mansart, premier architecte du roi, et à un certain Jean Girard, successeur d’Antoine Le Pautre. En commande de peintures, il s’écarta encore plus de la ligne officielle. Dédaignant Le Brun, il mit à l’honneur son rival Pierre Mignard alors en disgrâce mais dont il admirait les oeuvres et s’adressa également à Jean Nocret. Question déco intérieure, il était le roi : « Il endend l’ajustement d’une maison à merveille » s’extasiait Sophie de Hanovre, tante de Madame. Jardins et palais furent le théâtre de fêtes grandioses et nombreuses sans qu’il ne négligeât pour autant ses oeuvres de bienfaisance envers les habitants de Saint-Cloud pour qui il fit construire un hôpital.

Enfin, on peut dire qu’il fut très inspiré quand, en 1658, à dix-huit ans, il accorda sa protection personnelle à une troupe de comédiens fraîchement débarquée de province, dirigée par un certain Molière, grâce à l’entremise de son confesseur, Monseigneur de Cosnac, ancien aumônier du prince de Conti, premier protecteur de la troupe officiellement nommée dés lors « Les Comédiens de Monsieur » [26]. Il leur ouvrira les portes de Versailles et de la gloire.

Mais celui qui, à la Cour « y jetait les amusements, l’âme, les plaisirs, et quand il la quittait tout y semblait sans vie et sans action » selon Saint-Simon [27] ne peut se résumer à ce personnage frivole passé à la postérité. De plus, il fut et reste victime de la gêne des historiens devant une homosexualité flamboyante à contretemps d’une morale toujours pesante malgré l’évolution des moeurs.

HÉROS MILITAIRE
En réalité, c’est son propre frère le roi qui le condamna à n’être que ce prince de l’oisiveté. Pour le comprendre, il faut remonter à la guerre de Hollande menée par Louis XIV vers les années 1675. Comme un coup de tonnerre, Monsieur révéla son génie militaire lors de la bataille de Cassel le 11 avril 1677, entouré de ses lieutenants généraux dont le chevalier de Lorraine. A la tête d’une armée de vingt mille hommes, faisant preuve d’un courage indéniable et d’un sens stratégique incroyable, il remporta une victoire éclatante contre Guillaume d’Orange, l’ennemi juré de la France. C’était bien là l’échec de la stratégie d’efféminisation d’un Mazarin puisque, toute folasse qu’il était comme on dirait aujourd’hui dans le Marais, Monsieur se révéla être un grand chef militaire. Puis, se démarquant une fois de plus de l’usage, il interdit ensuite tout pillage et envoya aussitôt médecins et vivres aux blessés des deux armées.

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Louis XIV au siège de tournai en 1668 © DR

Cet événement considérable qui modifia la scène politique européenne fit de lui du jour au lendemain le héros du peuple français. La princesse Palatine écrivit : « Le Roi n’était pas aussi brave que Monsieur ». Plus populaire que son frère à qui jamais une telle victoire n’avait été permise, la gloire éphémère de Monsieur marqua la fin de ses prétentions à servir son pays. Dès lors, humilié, Louis XIV l’écarta du champ politique, lui interdisant tout commandement militaire et pour l’éloigner définitivement des tentations du pouvoir le couvra d’or afin qu’il s’adonne uniquement à ses passions dans lesquels, sans autre choix, il s’enferma.

Devenu l’être ventripotent un peu ridicule décrit par Saint-Simon, il avait soixante et un ans quand il mourut d’une crise d’apoplexie suite à une violente dispute avec son frère. L’altercation était né d’un différend sur le comportement de son propre fils, le duc de Chartres, à qui le roi devenu très dévot reprochait les infidélités conjugales. Un comble au regard de son propre passé ! Monsieur, rouge non plus de fard mais de colère, le lui rappela, évoquant ses multiples maîtresses. Puis, le soir, à dîner, se bâfrant comme à l’accoutumée, « comme il versait d’un vin de liqueur » à sa voisine, il s’effondra. Le roi, perdant son frère unique et à travers lui toute sa jeunesse, ne put retenir publiquement ses larmes [28]. Sûre de contenter son époux dans l’au-delà, Madame s’empressa de brûler, sans les lire, les lettres de ses mignons « afin qu’elles ne tombent pas en d’autres mains » [29], le rendant immortel par les siennes. Avec la disparition de Monsieur, la Cour de Versailles avait perdu si ce n’est son soleil au moins tout son éclat.

Les chansonniers toujours si cruellement proches de la vérité s’en donnèrent à coeur joie en lui rendant ce dernier hommage :
"Philippe est mort la bouteille à la main ;
Le proverbe est fort incertain
Qui dit que l’homme meurt comme il vit d’ordinaire ;
Il nous montre bien le contraire,
Car s’il fût mort comme il avait vécu
Il serait mort le vit au cul." [30]

L’ironie de l’Histoire veut que ce prince hors-norme peut être considéré aujourd’hui, au regard de sa nombreuse descendance, comme le véritable grand-père de l’Europe monarchique, sa postérité s’installant partout, sur les trônes d’Espagne, d’Allemagne ou d’Italie... En France, il est l’ancêtre de Philippe-Egalité, du roi Louis-Philippe et de tous les prétendants Orléanistes au trône. Et le prince Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme qui s’est illustré dernièrement par une croisade morale contre l’exposition Jeff Koons dans le château de son ancêtre Louis XIV aurait tout aussi bien pu revendiquer l’ascendance de ce frère au « goût infâme » puisque Philippe d’Orléans n’est autre que l’arrière-grand-père de son aïeule Marie-Antoinette dont il prétendait défendre la mémoire.

:: Bernard Hasquenoph |

:: Louvre pour tous | 6/01/2009 | 12:30 | 3 commentaires

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BIBLIOGRAPHIE
- Monsieur, frère de Louis XIV par Philippe Erlanger, éd. Perrin, 1981
- Le goût de Monsieur - L’homosexualité masculine au XVIIe siècle par Didier Godard, éd. H&O, 2002
- Madame Palatine par Dirk Van der Cruysse, éd. Fayard, 1988
- Les bûchers de Sodome par Maurice Lever, éd. Fayard, 1985

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VOS COMMENTAIRES


17.04.2020 | ASTYANAX68 |

Lisez le magnifique livre sur la pricesse Palatine de Dirck van der CRUYSSE.


22.04.2017 | Caroline Charron | https://auteurcarolinecharron.wordp...

Merci beaucoup pour ce portrait très complet et bien écrit. Il donne envie de se plonger dans la vie de ce personnage exceptionnel à bien des points de vue.


10.04.2016 | J.M. MARTIN | http://http://lepetitsaintmartin.un...

Bonjour, Je découvre à ce jour(10/04/2016) ce superbe article de Bernard HASQUENOPH . C’est en faisant des recherches sur la batellerie française que j’y suis tombé par hasard . J’ai donc juste un regret, c’est que Le canal d’Orléans, qui fut construit à partir de 1675 au bénéfice de Monsieur, frère du roi, qui a laissé dans l’histoire une réputation tout autre que celle d’un exploitant fluvial, n’y soit pas mis à son crédit alors que l’usage d’un autre canal y soit très fortement mis en exergue .

L’article reste cependant très bien fait, très bien référencé et agrémenté des tableaux que l’on peut avoir à disposition sur le sujet . J’ai donc été subjugué par sa qualité qui m’a donné envie d’écrire ce commentaire .

Merci pour ce beau travail .

Bien cordialement . J.M. MARTIN


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NOTES

[1] « Mémoires de Saint-Simon », tome 3, chapitre IX. Primi Visconti, un autre contemporain, en donne une description semblable : « Monsieur se pare avec avec beaucoup de rubans et de bijoux, il ne porte jamais de chapeaux, pour ne pas abîmer sa perruque, et comme il est petit il porte des chaussures à hauts talons, si bien qu’il semble perché, et je ne sais vraiment pas comment il peut se tenir debout. » in « Mémoires de Primi Visconti sur la cour de Louis XIV, 1673-1681 », éd. Perrin, 1988.

[2] « Mémoires de l’abbé de Choisy habillé en femme » par François-Timoléon de Choisy, éd. Petite Bibliothèque Ombres, 1998. A lire, pour en rire, sa biographie édifiante et aseptisée sur le site de l’Académie française dont il fut le doyen.

[3] Expression de l’abbé de Choisy. Toujours du même, récit d’un bal : « Monsieur le commença avec Melle de Brancas, qui était fort jolie (...) et un moment après il alla s’habiller en femme et revint en masque. Tout le monde le connut, d’abord il ne cherchait pas le mystère, et le chevalier de Lorraine lui donnait la main ; il dansa le menuet et alla s’asseoir au milieu de toutes les dames ; il se fit bien un peu prier avant que d’ôter son masque ; il ne demandait pas mieux, et voulait être vu. On ne saurait dire à quel point il poussa la coquetterie en se mirant, en se mettant des mouches, en les changeant de place, et peut-être que je fis encore pis. ». Comme autres amants de Monsieur, on cite aussi les marquis d’Effiat, de Villequier, de Manicamp, de La Vallière, le duc de Créquy, le comte du Bourg.

[4] Le XVIIe siècle français en connut plusieurs exemples essentiellement dans sa première moitié, les condamnés étant la plupart issus du petit peuple, dans tous les corps de métier. Le poète et dramaturge Théophile de Viau (1590-1626), chantre du mouvement libertin, amoureux éperdu de Jacques Vallée des Barreaux, y échappa de peu. Poursuivi toute sa courte vie de la haine des Jésuites, autant pour ses moeurs que pour ses idées « libertaires », lors d’un procès célèbre, on éplucha toute son oeuvre pour y déceler la moindre allusion à la sodomie.

[5] Ibid., tome 5, chapitre VIII.

[6] « Au XVIIe siècle, bardache passif se distinguait du bougre ou bigre passif. » in « Madame Palatine » par Dirk Van der Cruysse, ed. Fayad, p.163.

[7] « Ses mœurs étaient infâmes, il ne s’en cachait pas ; et le roi, qui abhorra toujours ce vice jusque dans son propre frère, le souffrit dans M. de Vendôme et dans le cardinal de Bouillon, non seulement sans peine, mais il en fit longtemps ses favoris. » Mémoires de Saint-Simon, tome 12, chapitre II.

[8] « Madame Palatine » par Dirk Van der Cruysse, p.214

[9] « Tous ces jeunes gens avaient poussé leurs débauches dans des excès horribles, et la Cour était devenue une petite Sodome. » Mémoires du marquis de Sourches, tome 1, p.110, éd. Hachette 1882-1893.

[10] « La France devenue italienne avec les autres désordres de la Cour » par Bussy-Rabutin. Voir « Madame Palatin » D. Van der Cruysse, p.175.

[11] « Sermon de Noël » de Bourdaloue, 1684. Le même Bourdaloue poursuivra de sa haine Molière durant toute sa vie et au-delà même.

[12] « Il n’a jamais eu le moindre penchant au vice contre nature. S’il avait suivi ses inclinations, il aurait sévèrement puni ce crime, mais Louvois, dont les amis s’y livraient pour la plupart, disait au roi, pour les sauver, que cela valait mieux pour le service de sa majesté, que s’ils aimaient les femmes ; car, lorsqu’il fallait aller à la guerre et entrer en campagne, on ne pouvait les détacher de leurs maîtresses ; qu’ils retournaient avant la fin de la campagne, et que, lorsqu’on en venait à la bataille, il ne se trouvait pas d’officiers ; il en citait beaucoup d’exemples : tandis qu’ayant d’autres inclinations, ils étaient bien aises de quitter les dames, et d’entrer avec leurs amants en campagne, et que dans ce cas ils n’étaient point aussi pressés de retourner chez eux. Par ce discours il avait engagé le roi à être indulgent ; ce qui n’avait pas déplu à son confesseur. En effet, si l’on avait voulu punir ce vice, il aurait fallu commencer par le collège des jésuites. », Mémoires sur la cour de Louis XIV et de la Régence par Charlotte-Elisabeth Orléans

[13] Dans le dictionnaire LITTRÉ : Être au poil et à la plume = être adonné aux femmes et à l’amour contre nature. « Le frère de Vendôme avait tous les vices de son frère ; sur la débauche, il avait de plus que lui d’être au poil et à la plume » SAINT-SIMON, tome 5, chapitre VIII.

[14] C’est toute la « modernité » et le caractère subversif de l’oeuvre de Molière que de dénoncer ce jeu social hypocrite protégé par l’Eglise.

[15] Ibid., tome 3, chapitre IX.

[16] « Madame Palatine » par Dirk Van der Cruysse, p.185.

[17] « Mémoires » de Primi Visconti.

[18] Cité dans « Madame Palatine » par Dirk Van der Cruysse.

[19] Lettre à Amélise | 13.12.1701.

[20] Lettre à sa demi-soeur Amelise | 12.10.1701. Dans une lettre écrite à la même en 1705, elle montre un aperçu de ses connaissances étendues en matière de moeurs et de turpitudes : « Où avez-vous été fourrée, vous et Louise, pour connaître si peu le monde ?(...) Celui qui voudrait détester tous ceux qui aiment les garçons ne pourrait pas aimer ici (...) six personnes. Il y en a de tous les genres. Il y en a qui haïssent les femmes comme la mort et ne peuvent aimer que les hommes. D’autres aiment les hommes et les femmes (...) D’autres aiment seulement les enfants de dix ou onze ans, d’autres des jeunes gens de dix-sept à vingt-cinq ans et ce sont les plus nombreux. Il y a d’autres débauchés qui n’aiment ni les hommes ni les femmes et qui se divertissent tout seuls, mais ils sont moins nombreux que les autres. Il y en a aussi qui pratiquent la débauche avec tout ce qui leur tombe sous la main, animaux et hommes (...) Vous voyez ainsi, chère Amelise, que le monde est pire encore que vous ne l’imaginiez. » Lettre à Amelise | 03.12.1705

[21] Lettre à Caroline | 18.10.1720

[22] Lettre à Caroline | 21.01.1703

[23] Madame se débrouilla désormais seule : « Je fais de mon mieux, comme quelqu’un qui joue seul du violon. L’homme n’est ni un ange ni un chêne... » Lettre à Caroline | 18.11.1718

[24] Mémoires de Saint-Simon, tome 3, chapitre IX.

[25] le château de Saint-Cloud a été bombardé et incendié pendant le siège de Paris le 13 octobre 1870 et ses ruines furent rasées en 1891. Certains rêvent de le reconstruire ce qui nous semble totalement absurde.

[26] « Molière » par Francine Mallet, éd. Grasset, 1986.

[27] Mémoires de Saint-Simon, tome 3, chapitre IX.

[28] Affligé « le roi le parut beaucoup ; naturellement il pleurait aisément, il était donc tout en larmes. Il n’avait jamais eu lieu que d’aimer Monsieur tendrement ; quoique mal ensemble depuis deux mois, ces tristes moments rappellent toute la tendresse ; peut-être se reprochait-il d’avoir précipité sa mort par la scène du matin ; enfin il était son cadet de deux ans, et s’était toute sa vie aussi bien porté que lui et mieux. Le roi entendit la messe à Saint-Cloud, et sur les huit heures du matin, Monsieur étant sans aucune espérance, Mme de Maintenon et Mme la duchesse de Bourgogne l’engagèrent de n’y pas demeurer davantage, et revinrent avec lui dans son carrosse (…) En arrivant à Marly, il entra avec Mme la duchesse de Bourgogne chez Mme de Maintenon. Trois heures après, M. Fagon, à qui le roi avait ordonné de ne point quitter Monsieur qu’il ne fût mort ou mieux, ce qui ne pouvait arriver que par miracle, lui dit dès qu’il l’aperçut : » Eh bien ! monsieur Fagon, mon frère est mort ? — Oui, sire, répondit-il, nul remède n’a pu, agir. « Le roi pleura beaucoup. On le pressa de manger un morceau chez Mme de Maintenon, mais il voulut dîner à l’ordinaire avec les dames, et les larmes lui coulèrent souvent pendant le repas, qui fut court, après lequel il se renferma chez Mme de Maintenon jusqu’à sept heures, qu’il alla faire un tour dans ses jardins. » Mémoires de Saint-Simon, tome 3, chapitre IX.

[29] Lettre à la duchesse de Hanovre | 30.06.1701.

[30] Chanté à sa mort le 9 juin 1701, cité dans « Les bûchers de Sodome » par Maurice Lever, éd. Fayard, 1985.



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