
05.02.2008 | APRÈS L’OCCUPATION de la Direction des musées par la CGT et SUD, dans un communiqué commun daté du 4 février, l’ensemble des syndicats du ministère de la Culture [1] se déclare opposé à la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) engagée par le gouvernement et qui menace, selon eux, le ministère de la Culture dans son existence même, dont la réforme envisagée des musées n’est qu’une facette.
L’intersyndicale adresse "un appel large aux agents du Ministère de la Culture et de ses établissements, ainsi qu’aux professionnels de la culture et aux citoyens à se mobiliser pour défendre les missions de service public culturel mis en danger par ces projets de démantèlement". Les syndicats entendent définir des modalités d’actions communes "dans les prochains jours". Un front syndical aussi massif n’est pas une bonne nouvelle pour les projets de la ministre de la Culture.
Contenu culturel, vide sidéral
Par ailleurs, la CGT-Culture, majoritaire au ministère, dans un long texte détaillé, attaque en premier lieu l’Elysée sur sa méthode de "modernisation" exigée des ministères lui reprochant une absence totale de concertation, les "hauts responsables administratifs" du ministère de la Culture ayant été informés des projets les concernant... par la presse.
La CGT accuse ensuite la ministre de la Culture de jouer la montre pour prendre de court les éventuels opposants aux projets concernant son domaine de compétence, motivée par un souci d’économie générale et animée par la seule recherche de rentabilité des établissements relevant de sa responsabilité. Vouloir "optimiser les gains" des musées comme seul mot d’ordre, la gestion d’une partie d’entre eux seraient transférée aux collectivités territoriales quand d’autres se verraient contraints à une recherche de financement privé pour exister, marquant ainsi un peu plus le désengagement de l’Etat. Par contre, "s’agissant de contenu culturel et de politique des publics, c’est le vide sidéral", note prosaïquement le syndicat.