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Démocratisation ou massification du public ?

4.02.2008 |

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Musée du Louvre © Louvre pour tous

04.02.08 | LE MINISTERE DE LA CULTURE publie les chiffres de fréquentation des musées nationaux pour 2007, soit une hausse de 8% par rapport à 2006.

Près de 24 millions de visiteurs ont franchi les portes des musées en 2007 dont 1,3 million pour la seule Nuit des musées le 19 mai dernier. En cinq ans, le nombre global des visiteurs a augmenté de 60% !

En 2007, presque tous les établissements profitent de cet engouement : 5,5 millions pour le Centre Pompidou (+5%), près de 3,2 millions pour le musée d’Orsay (+5%).

Le ministère cite ensuite des chiffres à tourner la tête : le musée et domaine national de Versailles et de Trianon (+ 12%), le musée Gustave Moreau (+ 10%), le château musée de Fontainebleau (+ 11 %), le château musée de Compiègne (+ 12 %) et le musée national de la céramique (+ 10%).

Etrangement, seul le premier des musées, le Louvre, stagne puisqu’il ne fait pas mieux que 2006 [1] : tout de même 8,3 millions de visteurs, ce qui le place toujours en tête des grands musées dans le monde, selon sa direction.

Pour expliquer ces progressions remarquables, le ministère avance « une conjoncture touristique favorable » et, sans aucun élément venant étayer son affirmation, parle de récompense en quelque sorte d’un « objectif de démocratisation ». Si c’est le ministère qui le dit !

Vers des abattoirs culturels ?
A lire cette avalanche de chiffres dont les directions des grands musées ont déjà abreuvé les agences de presse comme les entreprises révèlent leur CA ou les télés leur audimat, on ne peut s’empêcher de penser qu’on est bien entré dans l’ère de massification que redoutait Georges Henri Rivière quand il disait :

« Vois-tu […] le succès d’un musée ne se mesure pas au nombre de visiteurs qu’il reçoit, mais au nombre de visiteurs auxquels il a enseigné quelque chose. Il ne se mesure pas au nombre d’objets qu’il montre, mais au nombre d’objets qui ont pu être perçus par les visiteurs dans leur environnement humain. Il ne se mesure pas à son étendue, mais à la quantité d’espace que le public aura pu raisonnablement parcourir pour en tirer un véritable profit. C’est cela le musée. Sinon, ce n’est qu’un espèce »d’abattoir culturel« […]. » [2]

Cette tendance est confortée par la « culture du résultat » imposée dans tous les domaines par le président de la République. En l’occurence, massification du public n’est pas démocratisation d’un accès à la culture.

© Louvre pour tous / Interdiction de reproduction sans l'autorisation de son auteur

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VOS COMMENTAIRES

26.01.2017 | gracchus |

je suis né à Versailles,étant jeune nous jouions dans le hameau de la Reine ouvert GRATUITEMENT toute l’année.... c’est lamentable d’etre obligé de payer pour accéder à ce site.

14.08.2016 | foy |

Vrai le prix est decevant et les heures d ouverture encore plus

1er.02.2014 | Francis |

La ferme du hameau de la Reine, c’était l’endroit où les petits citadins pouvaient voir en vrai leur premières vaches, cochons, anes, canards et poules. C’est devenu une machine à fric, dont l’entrée est plus chère que le Louvre, et qui n’est meme pas gratuit le premier dimanche du mois.

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NOTES

[1] Avec un grand sens du marketing, le ministère préfère parler de confirmation « de son niveau record de fréquentation » de l’année dernière.

[2] Cité par Anne Gruner Schlumberger in « La Muséologie selon Georges Henri Rivière », Editions Dunod, 1989.


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