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Citations sur le Patrimoine

Louvre pour tous | 22/07/1996 | 09:07 | 1 commentaire


Vous connaissez une citation qui concerne la notion de Patrimoine ? Envoyez-la nous à contact@louvrepourtous.fr, si possible, avec sa source complète. Il va sans dire que nous ne partageons pas nécessairement l’opinion de leurs auteurs. Nous les retenons pour leur pertinence et leur intérêt.

NOTION DE MONUMENT HISTORIQUE
- « C’est (la) conversion de la valeur d’usage des monuments en une valeur éducative susceptible de justifier leur conservation qui fonde la notion de monument historique. » Françoise Bercé, Des Monuments historiques au Patrimoine, éd. Flammarion, 2000, p.17

CONSERVATION
- « La conservation des monuments du passé n’est pas une simple question de convenance ou de sentiment. Nous n’avons pas le droit d’y toucher. Ils ne nous appartiennent pas. » John Ruskin (1819-1900), écrivain et critique d’art in « Les Sept Lampes de l’Architecture » | 1850
- « Nous traitons aujourd’hui des monuments suivant des méthodes érudites, non d’artistes mais d’archéologues, dont la définition est précisément, par un singulier paradoxe, la conquête de cette même époque qui ravagea Versailles. » Pierre Francastel, « Le château de Versailles sous Louis-Philippe », La Revue de Paris, sept. 1930

RESTAURATION
- « Un monument restauré traduit les connaissances, les ambitions, les goûts, non seulement du maître d’oeuvre mais aussi du maître d’ouvrage : c’est le vrai révélateur de l’appréhension des édifices par une génération donnée, qui leur permet de reconnaître pour sien un édifice centenaire. » Françoise Bercé, Des Monuments historiques au Patrimoine, éd. Flammarion, 2000, p.9
- « Les architectes français ne sont pas du tout formés à ce concept [La Charte de Venise] qui vise à respecter les évolutions successives de l’histoire d’un bâtiment. Ils en restent à la manière de Viollet-le-Duc, à un retour au »dessin initial supposé« . Très rares sont ceux qui adoptent une attitude »ouverte« , à la manière anglaise ou italienne. Par exemple, en France, dans les projets de restauration des églises médiévales, on supprime les sacristies construites aux XVIIIe et XIXe siècles. Comme à Versailles, où on restaure le château tel que l’a laissé Louis XVI à son départ, en supprimant tout de Napoléon III et Louis-Philippe. » Jean-Michel Leniaud, historien in « On passe son temps à briquer les monuments » propos recueillis par Frédéric Edelmann et Florence Evin, LE MONDE | 17.09.09
- « La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. » Charte de Venise, art. 9, ICOMOS, 1964
- « Les apports valables de toutes les époques à l’édification d’un monument doivent être respectés, l’unité de style n’étant pas un but à atteindre au cours d’une restauration. Lorsqu’un édifice comporte plusieurs états superposés, le dégagement d’un état sous-jacent ne se justifie qu’exceptionnellement et à condition que les éléments enlevés ne présentent que peu d’intérêt, que la composition mise au jour constitue un témoignage de haute valeur historique, archéologique ou esthétique, et que son état de conservation soit jugé suffisant. Le jugement sur la valeur des éléments en question et la décision sur les éliminations à opérer ne peuvent dépendre du seul auteur du projet. » Charte de Venise, art. 11, ICOMOS, 1964
- « Les éléments destinés à remplacer les parties manquantes doivent s’intégrer harmonieusement à l’ensemble, tout en se distinguant des parties originales, afin que la restauration ne falsifie pas le document d’art et d’histoire. » Charte de Venise, art. 12, ICOMOS, 1964
- « Au cas où une restauration apparaît indispensable par suite de dégradations ou de destruction, elle recommande de respecter l’oeuvre historique et artistique du passé, sans proscrire le style d’aucune époque. »Conférence d’Athènes pour la Restauration des Monuments Historiques", ICOMOS, 21-30.10.1931
- « Il ne faut pas se lasser de le répéter, les réparations, si elles ne sont pas conduites avec intelligence, laissent sur nos édifices des traces plus ineffaçables que celles que le temps ou la vandalisme peuvent leur imprimer. » Prosper Mérimée (1803-1870), écrivain, historien et archéologue in « Rapport de 1848 »
- « Restaurer un édifice, ce n’est pas l’entretenir, le réparer ou le refaire, c’est le rétablir dans un état complet qui peut n’avoir jamais existé à un moment donné. » Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879), architecte in « Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle » Tome 8, Restauration.
- « Restaurer c’est rétablir un bâtiment, le remettre en bon état. C’est aussi remettre en son premier état une figure mutilée ou un autre morceau de sculpture. » Aubin-Louis Millin (1759-1818), Nouveau Dictionnaire des Beaux-Arts, 1806

RESTITUTION / RECONSTITUTION
- L’Abbaye de Fontevraud après restauration - « J’étais marqué quand j’étais à Fontevraud par le fait que, ce qui me manquait, c’était une valeur d’ancienneté à la fin, on refaisait tout à neuf (...) A la fin on avait une pierre très propre, très neuve, on avait quelque chose qui correspondait à une forme ancienne, qui prête parfois à discussion car bien souvent on avait perdu les traces de ce que ça avait été donc on l’inventait en quelque sorte, donc un caractère neuf dans un matériau ancien, donc à la fin on a quelque chose d’un peu étrange. » Guy Tortosa, inspecteur de la création artistique, direction générale de la création artistique, colloque « Exposer l’art contemporain dans les monuments historiques », INP, 19,50’ | 07.10.10
- « Reconstitution = Une oeuvre ou les parties disparues d’une oeuvre peuvent être remises sous les yeux de deux manières : virtuelle ou réelle. Dans le premier cas, on parlera de restitution. La reconstitution appartient au contraire au monde réel. Quelle que soit la précision des documents sur lesquels elle se fonde, la reconstitution n’a jamais pour résultat la résurrection de l’original : ce serait un contre-sens logique. Elle aboutit à la production d’un substitut. L’opération n’a rien d’illégitime si elle se donne pour ce qu’elle est. En revanche la reconstitution qui ne s’avoue pas, ou se masque sous le mot de restitution, est une falsification. » Ségolène Bergeon-Langle & Georges Brunel, « Dossier Fac-similés, copies, répliques... », CORÉ, SFIIC | 07.09
- « Restitution = Terme à utiliser avec prudence car il est source de graves confusions. Au sens propre, restitution s’applique à la recomposition en image des parties manquantes ou très dégradées d’une oeuvre ou d’un monument : elle se fait sur le papier, sous forme de maquette ou par des moyens informatiques. Ce travail peut concerner n’importe quel type d’art, mais le mot est surtout utilisé en architecture. C’est à tort qu’on s’en sert pour désigner la reconstruction effective des manques : il faut alors employer reconstitution. Le sens moral de restituer est : rendre à quelqu’un ce qui lui appartient. Se servir de ce mot pour désigner une reconstitution sur l’objet même a pour effet de masquer ce qu’il y a nécessairement d’hypothétique dans un tel travail en posant a priori l’action comme légitime. C’est aussi donner à penser que des objets disparus peuvent être ramenés à l’existence, ce qui est une absurdité. » Ségolène Bergeon-Langle & Georges Brunel, « Dossier Fac-similés, copies, répliques... », CORÉ, SFIIC | 07.09
- Au sujet de la restitution des Tuileries - « Comment, enfin, analyser une telle restitution, au regard de la charte de Venise, et comment qualifier cette copie d’une oeuvre essentielle, à jamais disparue dans son authenticité ? » Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture, JO | 24.03.03
- « N’oublions pas qu’au début de ce XIXe siècle on n’attachait aucune importance aux constructions de l’art gothique et de la Renaissance et même lorsque le romantisme mit le Moyen Age à la mode, on ne vit aucune différence entre l’édifice authentique et le pastiche. » Georges Pillement, Du Paris des rois au Paris des promoteurs, éd. Entente, 1976, p.111
- « Qui pourrait avoir la prétention de reconstituer autrement que par la pensée et par l’étude les aspects somptueux du siècle ancien ? (...) Non seulement nous avons perdu le droit de remplacer une oeuvre par une autre, mais nous ne devons même plus refaire celles qui ont disparu. » Pierre de Nolhac, La Résurrection de Versailles - Souvenirs d’un conservateur, 1887-1920, 1937
- « Conserver et, occasionnellement, restaurer et, tout à fait exceptionnellement, restituer, c’est savoir changer de point de vue et de méthode avec chaque sujet. » Patrice Bonnet (1879-1964), architecte au Domaine du château de Versailles dans les années 20 in « La question du Hameau de Marie-Antoinette », L’ILLUSTRATION | 25.11.1933
- « Quelle que soit la diversité des cas d’espèces dont chacun peut comporter une solution, elle a constaté que dans les divers États représentés prédomine une tendance générale à abandonner les restitutions intégrales et à en éviter les risques par l’institution d’un entretien régulier et permanent propre à assurer la conservation des édifices. »Conférence d’Athènes pour la Restauration des Monuments Historiques", ICOMOS, 21-30.10.1931

VANDALISME
« Les actes de vandalisme commis par l’Etat sont les plus graves puisqu’ils sont pratiquement assurés de l’impunité, étant commis par ceux mêmes qui ont en charge de les réprimer. » Louis Réau, « Histoire du vandalisme » p.1008, éditions Robert Laffont, 1994

CONSOMMATION
- « L’afflux de touristes toujours plus nombreux correspond mathématiquement à une dégradation accélérée des œuvres. Nous sommes en train de préparer la mort du patrimoine pour les générations à venir. Sans compter l’instrumentalisation du patrimoine. On met en scène des opérations événementielles en faisant croire qu’on est dans une logique d’enrichissement du patrimoine, alors que les ressorts sont bien souvent commerciaux et économiques. » Roland Recht, A quoi sert l’histoire de l’art ?, éditions Textuel, 2006
- « Aucune réflexion de fond n’est engagée par l’Etat pour savoir si la notion de tourisme culturel relève d’une activité de service public ou tout simplement d’une activité purement commerciale » Jean-Michel Djian, La Politique culturelle, Le Monde Editions / Marabout, 1997, p.181
- « La consommation patrimoniale peut devenir consumation et le surdéveloppement économique s’accompagner de sous-développement culturel. » Jacqueline Morand-Deviller, professeur à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, Le patrimoine architectural et l’ingénierie culturelle, LES PETITES AFFICHES | 27.04.94

PATRIMOINE & ART CONTEMPORAIN
- « Mardi 26 janvier 2010 - Inauguration des vitraux de François Morellet dans l’escalier Lefuel du musée du Louvre. Henri Loyrette fait entrer l’art contemporain au Louvre par petites touches, en choisissant les meilleurs artistes, avec une élégance qui contraste avec le tapage publicitaire que pratique Jean-Jacques Aillagon à Versailles. » Frédéric Mitterrand, La Récréation, éd. Robert Laffont, 2013
- « Apparemment, une institution classique se doit d’avoir des « interventions contemporaines ». Elles jouent le même rôle que le Botox pour les femmes vieillissantes. Un petit coup de jeune. On aimerait juste que la chose n’aille pas toujours dans le même sens. Une « intervention classique » pourrait parfois trouver sa raison. » Etienne Dumont, critique d’art, LA TRIBUNE DE GENÈVE | 29.05.12
- « La création ancienne doit un peu s’excuser d’exister, un peu comme certains vieillards se croient toujours obligés de justifier leur longévité. D’où la tentation de faire n’importe quoi. Ce n’est pas en affublant d’une minijupe des grands-mères qu’on en fera pour autant de jeunes femmes… » Etienne Dumont, critique d’art, LA TRIBUNE DE GENÈVE | 18.07.11
- « La présence d’objets culturels insolites, atypiques voire décalés dans les grands monuments historiques rendent les visiteurs plus attentifs. » Jean-Jacques Aillagon, LE NOUVEL ÉCONOMISTE | 14.04.11
- « Ce patrimoine (Versailles) n’est pas un cadre mort, ce patrimoine a une capacité à poser des questions à des artistes de notre temps. » Jean-Jacques Aillagon, « Aux Arts, citoyens ! », PUBLIC SÉNAT | 15.10.10
- « Les deux pourraient se passer l’un de l’autre, on pourrait imaginer un patrimoine se suffisant à lui-même, un art contemporain se suffisant à lui-même dans des lieux qui lui seraient expressément réservés mais ce que je trouve très tonique, très stimulant pour le regard, stimulant pour l’esprit, c’est justement que les oeuvres d’aujourd’hui rencontrent les oeuvres d’hier. Il se peut qu’elles n’aient rien à se dire parfois, mais l’expérience mérite d’être tentée. » Jean-Jacques Aillagon, « Aux Arts, citoyens ! », PUBLIC SÉNAT | 15.10.10
- « La question du goût, il me semble que dans le milieu de l’art contemporain c’est une chose qu’on évacue immédiatement, on ne parle pas de ça, on ne parle pas de goût. La fameuse phrase de Picabia Le goût est fatiguant comme la bonne compagnie est devenu un dogme pour les avant-gardes. En fait, c’est quelque chose qui m’a beaucoup préoccupé grâce à une expérience que j’ai eu tout à fait au début en faisant une exposition dans le château. La première année où je m’en occupais, j’ai fait une exposition avec le Consortium de Dijon et ils avaient dans leur collection une énorme pièce d’une artiste américaine qui s’apelle Jessica Stockholder. C’était une énorme pièce faite de poutres, de morceaux, de béton, de ciment, carrément de sacs poubelles, le tout scotché, une espèce d’univers tout à fait urbain, citadin, brutal, très new-yorkais, et comme cette pièce était énorme, pour la monter il n’y avait qu’un endroit quasiment où on pouvait la mettre, c’était la grande salle d’armes. On a installé ça là-dedans et j’ai vu défiler les gens de la région, du village qui sont venus au vernissage, et les gens étaient extrêmement choqués, vraiment très choqués. Et j’ai compris une chose qui est une évidence mais qui ne l’est pas toujours dans notre petit milieu de l’art contemporain où on croit que les effets d’opposition brutale, de violence esthétique, sont stimulants et sont quelque chose de positif, qu’au fond la majorité du public n’y comprenait rien. Donc je suis parti sur l’idée de respecter le décor du château, d’essayer dans tous les cas de faire des mariages entre les oeuvres et ce décor, faire en sorte qu’aussi bien sur le plan spatial que sur le plan intellectuel et visuel, il y ait une adéquation des oeuvres au château, et pas seulement sur le plan conceptuel. D’ailleurs c’est la raison pour laquelle je crois encore aujourd’hui, dans le Cabinet des muses ou dans la grande galerie de la guerre de Troie où il y a les fresques du XVI e siècle, il n’y a aucune oeuvre contemporaine, ce n’est pas nécessaire et ce serait sans doute assez mal venu. Il y a suffisamment d’espaces dans le reste du château pour mettre des oeuvres de ce type là. Je crois que c’est ce qui a fait le succès d’Oiron si succès il y a car c’est un succès modeste car ça n’a pas atteint malheureusement le très grand public, le très large public mais dans le milieu de l’art, il est plutôt reçu d’une manière positive. » Jean-Hubert Martin, inspecteur général des patrimoines, ancien directeur artistique du château d’Oiron, colloque « Exposer l’art contemporain dans les monuments historiques », INP | 07.10.10
- « Il ne faut surtout pas que ce soit un dialogue de sourds, si on généralise trop cette pratique, on va voir systématiquement dans n’importe quel musée d’art ancien l’intervention d’art contemporain et je pense qu’on va lasser le public et que ce n’est pas forcément bon toujours pour l’art contemporain. » Marie-Laure Bernadac, conservatrice générale chargée de l’art contemporain au Louvre, colloque « Exposer l’art contemporain dans les monuments historiques », INP | 07.10.10
- « Ne pas trop systématiser, rester dans un dialogue qui fait sens, autant pour l’oeuvre contemporaine que pour l’oeuvre ancienne parce qu’à ce moment-là on a un enrichissement. Faire un choc, oui, mais un choc qui fait du sens, si c’est un choc pour un choc ! Parce qu’évidemment, l’un des effets négatifs de la mondialisation, c’est le grand écart absolu. Ce qui est intéressant dans Murakami c’est évidemment que c’est un artiste japonais et d’avoir son point de vue mais dans les grands écarts il y a un moment où on va... il y a une question qui se pose parce qu’on peut à ce moment-là tout mélanger (...) On est à un moment où il n’y a plus aucun critère de choix sur les dialogues, tout est dans tout. Je trouve un peu dangereux de tout mélanger même si c’était nécessaire, il y a eu un moment où il fallait redistribuer les cartes, sortir d’une espèce de voie royale très européenne centrée sur notre patrimoine. » Marie-Laure Bernadac, conservatrice générale chargée de l’art contemporain au Louvre, colloque « Exposer l’art contemporain dans les monuments historiques », INP | 07.10.10
- « Nous consommons de la médiocrité, de la banalité en quantité mais nous n’en disons rien et lorsque que quelque chose ressort, qui relève d’une volonté pensée qui certes fait débat mais qui est l’expression d’une connaissance et d’un pari d’audace, là tout d’un coup nous en disons quelque chose. » Guy Tortosa, inspecteur de la création artistique, direction générale de la création artistique, colloque « Exposer l’art contemporain dans les monuments historiques », INP | 07.10.10
- « Mettre de l’art contemporain dans le patrimoine souvent l’éclaire, soit par désagrément, soit par harmonie. » Olivier Kaeppelin, président du Palais de Tokyo, colloque « Exposer l’art contemporain dans les monuments historiques », INP | 07.10.10
- « Quand dans un édifice gothique, on prend le parti au XVIIIe siècle de créer un baldaquin baroque ou d’installer un autel baroque, finalement on prend ce même risque que d’installer une oeuvre contemporaine au moment où elle est produite dans un monument d’une autre époque et d’une autre esthétique. » Jean-Jacques Aillagon, colloque « Exposer l’art contemporain dans les monuments historiques » (6:20), INP | 07.10.10
- « Nous pouvons les uns et les autres dans la même journée aimer écouter Monteverdi, même pour les plus audacieux Hildegarde de Bingen, et également écouter Pierre Boulez, écouter M, ou éventuellement Carla Bruni. » Jean-Jacques Aillagon, colloque « Exposer l’art contemporain dans les monuments historiques » (15:00), INP | 07.10.10
- « Je suis d’ailleurs parfois moi même indisposé par l’excès d’attention, je vous le dis très franchement, qu’on porte aux expositions contemporaines à Versailles et j’aimerais que toutes les expositions suscitent finalement la même ferveur universelle mais la nature humaine est ainsi faite qu’elle se porte plus volontiers sur ce qui fait débat que sur ce qui traduit tout simplement l’accomplissement d’un devoir. » Jean-Jacques Aillagon, colloque « Exposer l’art contemporain dans les monuments historiques » (13:00), INP | 07.10.10
- « Tout monument historique, y compris le Château de Versailles, a vocation à s’affirmer comme un lieu de culture vivante, diverse, ouverte et les patrimoines d’hier ont bien vocation ou capacité à interroger les expressions artistiques d’aujourd’hui, les expressions artistiques d’aujourd’hui peuvent poser des questions au patrimoine, la pire des choses à mes yeux c’est d’avoir une vision ségrégative de la culture où l’on voudrait finalement classer toutes les oeuvres qu’ont produites les civilisations, toutes les oeuvres issues de la vaste aventure culturelle de l’humanité en catégories qui n’auraient aucune capacité à s’interpénétrer, cela me choque car c’est finalement contraire à ce qu’est la culture. » Jean-Jacques Aillagon, colloque « Exposer l’art contemporain dans les monuments historiques » (13:25), INP | 07.10.10
- « Je suis contre les ségrégations, dans une culture vivante et ouverte. On peut dans une même journée écouter Monteverdi, Boulez, Vanessa Paradis ou M ! » Jean-Jacques Aillagon RÉPUBLICAIN LORRAIN | 22.09.10
- « J’estime que dans tout monument historique, tout musée d’art ancien, on a intérêt de proposer des œuvres contemporaines dans tous les domaines. » Jean-Jacques Aillagon RÉPUBLICAIN LORRAIN | 22.09.10
- « Je crois que l’art contemporain et le patrimoine pourraient éventuellement vivre en situation de séparation de corps et de biens. Mais ce serait, à mes yeux, extrêmement triste et réducteur. Je ne crois pas que les oeuvres d’art ont vocation à être enfermées dans des ghettos chronologiques. Je crois au caractère tonique de la rencontre des oeuvres du passé, et du présent, des oeuvres de notre culture et de celles des autres cultures. La culture c’est le métissage, ce n’est pas la ségrégation. » Jean-Jacques Aillagon, tchat LIBÉRATION | 15.09.10
- « Certaines expositions ne sont pas indispensables. Cela peut ressembler à n’importe quoi, si on se contente de poser des objets ici et là. Cela peut même se révéler catastrophique pour l’art contemporain. On peut lui reprocher de n’être pas à la hauteur de l’art ancien. Cela peut être dangereux pour les artistes également. » Marie-Laure Bernadac, conservatrice générale chargée de l’art contemporain au Louvre, PARIS-ART.COM | 01.06.10
- « Ces interactions permettent de relire différemment les collections. Ces approches, même si elles apparaissent actuelles, sont liées à l’histoire même de l’art. L’appropriation des lieux, que pratique Buren avec son travail in situ, ou les vitrines de Beuys, de Boltanski et d’autres sont l’héritage de l’histoire de l’art moderne de la Boîte en valise de Marcel Duchamp, mais également du cabinet des curiosités. » Marie-Laure Bernadac, conservatrice générale chargée de l’art contemporain au Louvre, PARIS-ART.COM | 01.06.10
- « Peut-être faudrait-il arrêter le développement systématique du procédé. La critique que l’on peut soulever est la suivante : est-il bon pour un artiste contemporain d’être légitimé par un contexte patrimonial ? Et ne va-t-on pas lasser le public qui vient voir l’art ancien ? » Marie-Laure Bernadac, conservatrice générale chargée de l’art contemporain au Louvre, PARIS-ART.COM | 01.06.10
- M.-L. B : Je me demandais ce qui a motivé votre choix du bleu, une couleur que l’on ne trouve pas habituellement dans vos oeuvres, à l’exception de vos peintures récentes de la série « Sans titre I-IX », ou dans votre triptyque plus ancien « Les Trois Dialogues de Platon » de 1977.
C.T. : C’est simple, c’est le ciel.
Marie-Laure Bernadac, conservateur général, chargée de mission pour l’art contemporain au musée du Louvre à Cy Twombly, artiste invité à réaliser un plafond peint pour la salle des Bronzes visible depuis le 25 mars 2010
- « Le Louvre a toujours été pour moi la maison des artistes vivants, assure Henri Loyrette. Même si les collections s’arrêtent en 1850, il est important de montrer la vivacité des œuvres et celle du palais. Montrer comment ce que nous conservons n’est pas lettre morte, mais peut encore animer, inspirer, vivifier les artistes d’aujourd’hui. Dans le cadre de cette réflexion, nous nous sommes intéressés aux arts plastiques, nous avons invité des musiciens, des écrivains… Aujourd’hui, on ne saurait poser la question de la création sans compter avec le cinéma. » Henri Loyrette, président du Louvre, « Musées en quête de cinéastes » par Arnaud Schwartz, LA CROIX | 05.11.09
- « C’est une mode aujourd’hui de mettre de l’art contemporain dans des lieux patrimoniaux. Et c’est parfois raté. » Olivier Cena, critique d’art, « Versailles controversé », Sciences Po, 2009
- « La tradition de Versailles n’est pas nous sommes un musée avec des vieux trucs. Mais nous sommes un lieu de l’excellence artistique. » Laurent Brunner, directeur de Château de Versailles Spectacles, JDD | 19.09.09
- « L’introduction de l’art contemporain dans les musées anciens est une conséquence de la mondialisation. A l’ouverture des frontières géographiques correspond celle des frontières historiques. Le musée du XXIe siècle doit prendre en compte ces nouvelles approches ainsi que les remises en cause de la muséographie traditionnelle proposées par les artistes. L’oeuvre d’art est parfois le meilleur commentaire sur une oeuvre d’art. »
- « D’un côté, des critiques acerbes, quasi injurieuses - les mêmes sans doute qui accablaient à leur époque Bosch, Brueghel ou Rembrandt. De l’autre, des visiteurs nombreux et enthousiastes... » Marie-Laure Bernadac, conservatrice en chef, chargée de mission pour l’art contemporain au Musée du Louvre, à l’occasion de l’exposition Jan Fabre. in Beaux-Arts Magazine n°288 | 06.08
- « L’art contemporain au cœur du patrimoine n’est-il pas en train de devenir une tarte à la crème ? Il faut que ça reste, tout comme Versailles, un acte exceptionnel. » Jean-Jacques Aillagon, président du domaine de Versailles, in « Si Koons fait un flop, on ne recommencera pas », propos recueillis par Valérie Duponchelle et Sébastien Le Fol, LE FIGARO | 11.09.08
- « Je pense que la présence d’objet atypique dans le circuit d’un musée et d’un monument, c’est une invitation à mieux regarder le monument. » Jean-Jacques Aillagon in « Face à Face avec Philippe Tesson », Vidéo LE FIGARO MAGAZINE | 23.09.08
- « L’art contemporain dans les monuments historiques et les musées d’art ancien est un phénomène à la mode, qui passera comme toutes les modes. Il n’a de réelle justification que dans les expositions thématiques et transversales car il n’y a aucune raison de couper en tranches la réflexion sur l’art. » Didier Rykner, historien de l’art, in « A Versailles, le combat est ailleurs », LA TRIBUNE DE L’ART | 10.09.08
- « Je n’aime pas le mobilier dix-huitième d’exception dans un appartement moderne. Ce n’est pas sa place, comme il me semble absurde d’accrocher un tableau moderne au dessus d’un meuble ancien. » Karl Lagerfeld, L’ESTAMPILLE-L’OBJET D’ART | 10.1990
- « Ce qui est choquant dans la création d’une oeuvre d’art moderne dans un monument historique – ce qui le sera toujours – ce n’est pas sa nouveauté, c’est son absence de qualité, généralement due à une conception mesquine, et de la tradition, et de la modernité. » Michel Troche, conseiller auprès du ministre de la Culture Jack Lang, Revue Monuments historiques | 12.1987
- « Je crois qu’il faut utiliser les monuments anciens pour présenter l’art contemporain, à condition de ne pas en modifier les structures de façon agressive. » François Léotard, ministre de la Culture, CONNAISSANCE DES ARTS | 01.1987

POLITIQUE DU PATRIMOINE
- « Paris finira par devenir un immense Disneyland pour touristes. Au lieu de bâtir pour l’avenir, on retape, on préserve, on ravale et on classe. C’est beau, mais cela ne respire pas. » Karl Lagerfeld, PARIS MATCH | 02.11.06
- « Il faut faire en sorte que le château de Versailles, la cathédrale de Reims, tel monument antique de Provence-Alpes-Côte-d’Azur soient reconnus par tous nos concitoyens comme quelque chose leur appartenant, comme quelque chose constituant une part de leur histoire partagée. Il y a également, dans une politique du patrimoine, l’expression d’une politique de démocratisation de la culture et, tout simplement, une politique du partage civique. » Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture, FRANCE INTER | 22.09.02
- « Faciliter l’accès de tous aux oeuvres, aux savoirs, d’hier et d’aujourd’hui, telle est la première ambition des grands projets. » François Mitterrand, président de la République française, cité dans « Les grands travaux des présidents de la Ve République » par Georges Poisson, éd. Parigramme, 2002, p.67

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13.10.2012 | V. LONGUET |

Très utiles ces citations et particulièrement pour moi dans l’optique de la préparation du Bac d’Histoire. Merci !!


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UNE CITATION, DES CITATIONS
« En France, on travaille dans le service public, en Amérique, on travaille pour le public » Nathalie Bondil, directrice du Musée des beaux-arts de Montréal, TÉLÉRAMA | 14.09.16
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