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Aux Beaux-Arts la liberté se conjugue au passé

Bernard Hasquenoph |

Louvre pour tous | 13/02/2010 | 16:41 |


« L’histoire de l’École académique fourmille de personnalités et d’oeuvres révolutionnaires en leurs temps et irrévérencieuses envers tous les pouvoirs » peut-on lire dans un catalogue récent édité par l’ENSBA

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13.02.10 | IL Y A À PEINE UN MOIS, une très belle exposition s’est tenue dans les Galeries de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts (ENSBA), quai Malaquais à Paris, sous l’autorité de son directeur Henry-Claude Cousseau. Avec pour thème, sa propre histoire : « L’ÉCOLE DE LA LIBERTÉ, ÊTRE ARTISTE À PARIS 1648-1817 ». Le texte de présentation officiel résonne aujourd’hui bizarrement alors que la jeune artiste chinoise Ko Siu Lan a été l’objet de censure de la part de la direction de cette même école, pour avoir voulu exposer en 2010, au même endroit, des bannières jouant du slogan sarkozyen : « Travailler plus pour gagner plus ».

TEXTE OFFICIEL DE PRÉSENTATION DE L’EXPOSITION « L’ÉCOLE DE LA LIBERTÉ » :
"L’École des beaux-arts de Paris tire son origine d’une institution mal connue du grand public : l’Académie, fondée en 1648 par la protection royale. Avec le temps, le mot académie est devenu synonyme de conservatisme et de soumission. Or, l’histoire de l’École académique fourmille de personnalités et d’oeuvres révolutionnaires en leurs temps et irrévérencieuses envers tous les pouvoirs.

Scandales en tout genre
Rien de plus français et parisien que de violer toutes les consignes officielles, au nom du talent. Contre ses règlements, l’Académie accueille des protestants, des femmes, généralement scandaleuses : Marianne Collot, bru, maîtresse et portraitiste du sculpteur Falconet, reçoit même une consécration internationale. Contre leur propre doctrine qui impose la représentation du seul corps masculin nu, les artistes dessinent, sculptent ou peignent, outre des femmes, des natures mortes, des paysages, des fantaisies même, comme les fausses ruines de Hubert Robert ou les fêtes de Watteau.... S’il faut peindre le roi, on le ridiculise en l’assimilant à Hercule, le balourd de l’antiquité ; et on aborde les thèmes politiquement incorrects, déjà républicains, bien avant la chute de la royauté. Les oeuvres libertines, présentées dans les Salons, ont l’honneur d’être condamnées par l’archevêché, défendues ou éreintées par Diderot et finalement répandues par la gravure.

Être artiste et libre
À travers le portrait et l’autoportrait, l’artiste joue la provocation, se montre en débraillé, comme Hubert Robert. Rigaud est capable de dénoncer la morgue des grands ou d’évoquer le souvenir de sa mère morte. Les professeurs accordent sans préjugés leur prix (le fameux prix de Rome) à des élèves de toute origine, y compris à un fils de concierge, comme Houdon, ou à des fils d’esclaves. La Révolution, qui donna le Prix de Rome au jeune Ingres, apportait à ces jeunes idéalistes une autorité nouvelle, que Louis David incarna dans les arts. David, produit typique de l’Académie dite royale, vote la mort du roi et soutient la suppression de l’Académie. Ici commence le paradoxe : sitôt que l’artiste-citoyen fut reconnu par la Nation, il fut pris par le goût du pouvoir. Il n’est pas simple de rester à sa place dans l’École de la liberté
."

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Contre la censure politique à l’École des Beaux-Arts de Paris : cliquez ici

Proposition de lieu d’installation de l’oeuvre censurée de l’artiste Ko Siu Lan : au 55, rue du faubourg Saint-Honoré, à Paris / Photomontage Bernard Hasquenoph


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« En France, on travaille dans le service public, en Amérique, on travaille pour le public » Nathalie Bondil, directrice du Musée des beaux-arts de Montréal, TÉLÉRAMA | 14.09.16
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