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Versailles contemporain, des fréquentations imaginaires

Bernard Hasquenoph |

Louvre pour tous | 31/08/2011 | 14:43 | 3 commentaires


De fausses informations circulent sur la fréquentation des expositions d’art contemporain à Versailles véhiculées par la direction du Château et confortées par le ministre de la Culture. Publics et médias gobent. Mais la presse spécialisée commence à douter des affirmations de Jean-Jacques Aillagon... maintenant qu’il part. Reste à remettre en question les chiffres pour l’ensemble du domaine puisqu’ils sont tout aussi bidons. Bilan des années Aillagon : propagande et mensonges...


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Murakami Versailles | 2009 ©BH

31.08.11, actualisé le 14.09.11 | « ON NE VIENT PAS POUR NOUS ! » Interrogé en juin sur la présentation actuelle de ses sculptures contemporaines à Versailles, Bernar Venet l’a reconnu en toute humilité. Comme l’avaient fait avant lui Takashi Murakami, Xavier Veilhan et même Laurent Le Bon, le commissaire de la plupart de ces manifestations (lire ici leurs citations). Tous étaient parfaitement conscients que leurs expositions allaient toucher un public venu avant tout pour Versailles. Une évidence qui ne diminue en rien leur mérite artistique, pourtant niée par la direction du Château qui, depuis le départ, colporte sans aucun complexe de fausses informations sur la fréquentation de ces expositions, ce qui biaise bien entendu totalement le débat sur leur pertinence. Des mensonges que gobent pourtant avec complaisance les médias dits professionnels - on en a encore un exemple récent sous la plume de l’éminent Vincent Noce dans Libération - et, à leur suite, en toute crédulité, leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs.

Pourtant, matériellement, comme nous l’avons démontré plusieurs fois, il est impossible de connaître le nombre de visiteurs des expositions d’art contemporain à Versailles pour la simple et bonne raison qu’elles sont intégrées au circuit général de visite du Château qui reçoit déjà à l’année des millions de visiteurs. Il en est de même pour les oeuvres exposées en extérieur, dans les jardins, où encore plus de monde passe. Il n’existe aucun pourcentage qui indiquerait combien de visiteurs viennent spécifiquement pour l’art contemporain puisqu’aucune enquête de terrain n’a jamais été menée pour l’évaluer, ou tout du moins, si elle existe, n’a jamais été rendue publique. Il est évident que le domaine étant majoritairement visité par les touristes étrangers venus pour le Versailles des rois - on donne généralement le pourcentage de 70% -, la part de curieux d’art contemporain doit être plutôt minime.

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Venet à Versailles | 2011 © Bernard Hasquenoph

Cette évidence, qui ne diminue en rien la qualité ou l’intérêt de ces manifestations, n’a pas empêché la direction du Château de faire croire en 2008 à un triomphe de l’exposition Jeff Koons, premier grand événement de ce type à Versailles. Elle communiqua de manière particulièrement trompeuse et malhonnête puisqu’elle tenta, avec succès grâce à une presse atone, de faire passer le million de visiteurs ayant traversé le domaine durant cette même période pour des visiteurs exclusifs de l’artiste américain. Ce qui était évidemment faux et du reste invraisemblable quand on connaît le faible public qu’attire l’art contemporain en général et compte tenu de la situation géographique de Versailles [1]. Un communiqué officiel de fin d’exposition titré « Fréquentation record pour l’exposition Jeff Koons Versailles » jouait sur les mots en affirmant qu’un million de personnes avait « vu » l’exposition, ce qui signifiait simplement que les oeuvres de l’artiste étaient entrées dans le champ de vision des visiteurs du domaine durant cette période, tous publics confondus (visiteurs individuels, groupes, spectateurs des manifestations, fêtes nocturnes et grandes eaux musicales). La communication, qui consiste à valoriser un fait ou un événement, n’a rien à voir avec le mensonge. Or, il s’agit bien ici d’une manipulation des chiffres éhontée, un piège sémantique dans laquelle les médias sont tombées la tête la première.

On notera que le musée du Louvre qui propose pareillement depuis 2004 des incursions d’art contemporain au sein de ses collections ne s’est jamais aventuré à donner des chiffres de fréquentation, ce qui s’avère impossible, dans son cas comme dans celui de Versailles, strictement pour les mêmes raisons. En revanche, le musée parisien a mené plusieurs études qualitatives sur la réception d’opérations de ce type par ses visiteurs, ce qui montre la totale différence d’approche des deux institutions [2]. L’un est dans une démarche culturelle, l’autre dans le marketing.

DE LA DÉSINFORMATION AU MENSONGE RADICAL
A Versailles, de la désinformation, on passa ensuite au mensonge radical puisque le rapport d’activité 2008 de l’établissement fait état, sans aucune nuance, d’« une fréquentation record » d’un millions de personnes pour l’exposition Jeff Koons Versailles, décrit dans le rapport 2009 comme un « succès mondial » [3]. Des bobards que l’on retrouve ensuite écrits noir sur blanc dans les dossiers de presse des conférences annuelles du président Jean-Jacques Aillagon. Lequel n’hésitera pas à donner, en 2010, sur le plateau d’On a tout essayé sur France 2 à une heure de grande écoute, ce même chiffre de fréquentation mirobolant sans aucune nuance. En pleine polémique de l’exposition Murakami, c’était en réponse à une question de Laurent Ruquier pour preuve de la pertinence de ces expositions. L’animateur emballé relaiera plusieurs fois cette fausse information sur Europe 1 lors de son émission de l’après-midi, toujours comme preuve du succès populaire de ces manifestations en réalité inexistant [4].

ON A TOUT ESSAYÉ, FR2 | 18.09.10 (3,20mn)

L’année suivante, pour Veilhan Versailles, l’établissement n’osa cependant pas donner de chiffres ce qui aurait été encore plus invraisemblable puisque l’artiste avait choisi d’exposer presque exclusivement en extérieur, volontairement dans des zones en grande partie d’accès gratuit. En 2010, en revanche, pour Murakami Versailles, la même manoeuvre que pour Koons sera tentée. L’événement à peine achevé, M. Aillagon écrivit aussitôt sur son blog : l’exposition « aura, en trois mois, été vue par près de 900 000 visiteurs et donné lieu à une couverture de presse internationale impressionnante. Ce succès consacre l’intérêt de la présentation d’œuvres contemporaines dans un monument historique aussi insigne que le château de Versailles... ». Devant cette nouvelle tentative de manipulation, nous avions posté sous notre nom le commentaire suivant : « Faire croire à un succès parce que l’exposition Murakami a été »vue« par près de 900 000 visiteurs comme vous dîtes, alors qu’il s’agit simplement de la fréquentation générale du château durant la même période est un procédé quelque peu malhonnête, puisque sans distinction possible entre les personnes venues pour l’occasion et les autres qui, comme chaque année, viennent des quatre coins du monde en nombre pour visiter Versailles. Pourquoi, comme pour Jeff Koons, user de méthodes de communication aussi trompeuses ?... ». Ce à quoi, M. Aillagon répondit une semaine plus tard avec une mauvaise foi stupéfiante tout en avouant la réalité : « Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. 900 000 visiteurs ne sont pas venus pour voir Murakami mais je constate : 1) que l’exposition n’a pas eu l’effet d’éviction qu’annonçaient ses détracteurs, 2) que la fréquentation a crû par rapport à la période de référence de 2009, 3) que de nombreux témoignages attestent du fait que beaucoup de ces visiteurs sont venus pour voir l’exposition, ce dont atteste le succès du hors-série de Beaux Arts Magazine. ». On notera la précision de la réponse ne reposant sur aucun élément tangible ni aucun chiffrage précis, tout comme le critère très scientifique du nombre (inconnu) de hors-série vendus de Beaux-Arts Magazine. Une méconnaissance qui n’empêcha pas M. Aillagon, en 2011, d’annoncer Bernar Venet comme succédant « à Takashi Murakami qui a, on le sait, suscité, en 2010, auprès d’un large public, un intêrét considérable » [5].

Justement, en février 2011, le magazine Beaux-Arts, dans sa rubrique Bonnes et mauvaises fréquentations, indiqua pour Murakami Versailles le chiffre de 900 000 visiteurs, donc sans valeur de l’aveu même de M. Aillagon, tout en mentionnant qu’il était « difficile de distinguer les amoureux du patrimoine des fans d’art contemporain en raison du billet couplé » ce qui est déjà un mieux comme information sérieuse - enfin ! -, avant d’ajouter : « Versailles a toutefois enregistré une hausse de 10% en 2010. L’effet Murakami ? ». Car telle était alors la nouvelle stratégie de communication du Château. Comme il était devenu difficile de diffuser des chiffres abracadabrantesques, le Château mit désormais en avant des hausses de fréquentation qui auraient été uniquement dues aux manifestations d’art contemporain ce que relaya aussitôt l’AFP [6]. Ce qui est assez drôle quand M. Aillagon se vantait de multiplier les événements de toutes sortes à Versailles : expositions, concerts, théâtre, opéra... Comment pouvait-il attribuer avec certitude cette supposée hausse de fréquentation à la seule expo Murakami Versailles qui n’aura duré que trois mois quand se tenait au même moment au Château, à quelques semaines près, la grande exposition Sciences et curiosités à la Cour de Versailles inclue dans le même billet couplé [7] ? Laquelle exposition eut, parait-il, un tel succès qu’elle fut même prolongée ! Cela suffit à prouver l’inanité de ses affirmations [8].

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Beaux-Arts Magazine | février 2011 ©DR

Des hausses de fréquentation attribuées aux manifestations d’art contemporain, l’argument avait été également avancé lors de Jeff Koons Versailles. La direction avait alors indiqué une augmentation du public de 15% par rapport à l’année précédente sur la même période. Si l’hyper-médiatisation de l’événement pouvait peut-être expliquer cet apport de visiteurs succédant à un été maussade, nous notions cependant que le domaine avait déjà connu des fluctuations dans les mêmes proportions sans événement particulier. Il suffit de consulter les rapports d’activités de l’établissement pour constater que ce n’était en rien un phénomène exceptionnel, loin de là, le domaine ayant connu des variations positives beaucoup plus importantes sans événement notable [9]. On ne pouvait donc tirer aucune conclusion certaine de cette hausse. Il en est d’ailleurs de même actuellement. Denis Berthomier, l’administrateur du Château, a fait état cet été dans Le Parisien d’une hausse de 15% sur les premiers mois de l’année qu’il a associé aussitôt au prétendu succès de l’exposition Trônes en majesté alors que dans ce cas, comme dans celui des manifestations contemporaines, on se demande bien comment il peut l’affirmer, vu qu’elle s’intègrait au circuit général de visite. Mais plus drôle, c’est qu’il ajoute dans la même phrase que « l’activité touristique est en nette augmentation sur l’ensemble du territoire et notamment en Ile-de-France ». Là encore, on a probablement affaire à une simple variation de fréquentation due au marché international du tourisme. En clair, plus il y a de touristes en Ile-de-France, plus nombreux sont-ils à venir naturellement à Versailles, quoi qui s’y passe.

LE JOURNAL DES ARTS NE CROIT PLUS AILLAGON
Mais, si, jusque là, la presse n’a pas vraiment fait preuve de discernement sur ces questions, les choses sont peut-être en train de changer, au moins dans la presse spécialisée comme on l’a vu déjà un peu avec Beaux-Arts. Mieux vaut tard que jamais. Le Journal des Arts (JDA), qui se positionne comme le média de référence de l’art et de son marché, s’est soudain interrogé, en juin dernier, dans une brève signée ni plus ni moins que de son directeur, de manière radicale :

« L’art contemporain a-t-il dopé la fréquentation du château de Versailles, comme voudrait le croire son président, Jean-Jacques Aillagon ? Rien n’est moins sûr. C’est peut-être même le contraire que semblent vouloir indiquer les chiffres. »
Jean-Christophe Castelain, JOURNAL DES ARTS | 10.06.11

S’en suivait une démonstration mathématique quelque peu obscure - basée sur quel document ? - qui concluait au fait que les expositions d’art contemporain - Koons, Murakami et Veilhan -, coïncidaient avec les mois les moins bien fréquentés pour le château de l’année correspondante ! Une attitude d’autant plus courageuse de la part d’un groupe de presse qui, jusque là, avait toujours prétendu le contraire, relayant sans broncher la com’ du château, s’émerveillant même des effets de l’art contemporain sur la fréquentation du domaine [10]. Une griffure dans l’image de Jean-Jacques Aillagon que ce même groupe a pourtant élu « personnalité de l’art la plus influente en France » pour l’année 2010 (par un vote interne de 10 journalistes) [11]. Mais cette simple brève du JDA est une petite bombe puisque la gloire du mandat de JJA repose en partie sur la tenue de ces expositions d’art contemporain qui n’auraient eu donc aucun impact sur le public.

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Murakami Versailles | 2009 © Bernard Hasquenoph

Maintenant il s’agirait d’aller plus loin encore en remettant en question les chiffres de fréquentation pour l’ensemble du domaine de Versailles car ceux-ci sont tout aussi faux, comme nous l’avons démontré dans un article datant de mai 2010. Ils sont largement surévalués par un mécanisme tout simple, qui date d’avant la prise de fonction de M. Aillagon : un même visiteur, dans une même journée, est comptabilisé jusqu’à quatre fois quand il visite le château, le Grand Trianon, le Petit Trianon et qu’il assiste aux Grandes eaux. On peut même dire que d’année en année, les chiffres sont de plus en plus faux, la fréquentation des Trianons augmentant plus fortement que celle du Château. Le pire est que M. Aillagon nous a implicitement donné raison en publiant, sur son blog, dix jours après notre enquête, un billet intitulé « Comptage des accès ». Il y affirmait que le château s’était enfin doté d’un « système efficace » de comptage lui permettant de donner les chiffres de fréquentation sur une journée, incluant parmi les visiteurs des Grandes Eaux, uniquement ceux ayant « acquitté une billetterie spécifique », c’est-à-dire non cumulée avec un billet Château ou autre [12]. Formidable ! mais ce système n’a pas été appliqué à l’année puisque le Château continue de cumuler les entrées d’un même visiteur à différents endroits du domaine, ce qui rend sa fréquentation générale bidon.

Autre source de perplexité : les taux d’entrées gratuites déclarées par l’établissement. Ils sont plus qu’improbables, passés en quelques années de 3 à 40% ! Une même période, selon le document consulté, fait même état ici de 3%, là de 22%. Le taux de 40% a été divulgué par M. Aillagon lors de sa conférence de presse de février 2010 sachant que la majorité des publics bénéficiaires de gratuités le sont sur la seule présentation d’un justificatif et sans délivrance de contremarque. Les chiffres annoncés sont donc des estimations à partir de sondages in vivo effectués théoriquement plusieurs fois dans l’année, ce qui se fait ailleurs, au Louvre par exemple. Mais on ne peut pas attribuer cette fulgurante progression à la gratuité accordée depuis avril 2009 aux 18-25 ans et aux enseignants comme on pourrait le supposer, la Cour des comptes, dans son rapport sur les musées nationaux rendu public en mars 2011, ayant révèlé que le Château de Versailles, comme les autres musées nationaux, avait surévalué la proportion de ces publics avant comptage précis - les seuls à en bénéficier juste pour l’exercice 2009-10 -, sachant que ce sont ces chiffres-là qui ont servi de base pour la compensation financière distribuée par l’Etat. La proportion de jeunes avait était estimée à 9,1% pour avril à décembre 2009, au bout du compte elle s’est élevée à 7,5%. Pour les enseignants, elle avait été estimée à 3,6%, elle ne fut que de 0,7% [13]. On voit bien que ces deux publics ne peuvent expliquer cette envolée à 40% que M. Aillagon attribuait pourtant essentiellement lors de sa conférence de presse, l’année suivante, aux « moins de 25 ans révolus » (sans qu’on sache d’ailleurs s’il évoquait les enfants ou les 18-25 ans ou les deux) qui l’auraient encore fait augmenter [14]". On frise le délire. Toujours est-il que ce sont bien les gratuités, entrées les moins contrôlables, qui permettent aux chiffres officiels de progresser autant que la direction de l’établissement le prétend. Un vrai miracle.

De même, depuis qu’en octobre 2009 le billet couplé Château + exposition(s) a été imposé à tous les visiteurs, les chiffres de fréquentation des grandes expositions se sont envolées mécaniquement et n’ont plus grande valeur. De fait on a atteint des chiffres officiels jamais vus à Versailles. Louis XIV, l’homme et le roi aurait reçue 481 599 visiteurs clame Béatrix Saule, conservateur en chef, qui, dans ce « succès » y voit la preuve « qu’elle répondait aux attentes du public » [15]. Quand il y a peu encore, en seulement 2006, on s’extasiait au château devant les 130 000 visiteurs de l’exposition Splendeurs de la Cour de Saxe, considérés alors comme « une fréquentation très élevée pour Versailles » au regard des précédentes expositions tournant autour de 50 000 visiteurs bien que d’une grande qualité, on pense par exemple Kangxi en 2004 [16]. Pour annoncer, l’année suivante, 700 000 visiteurs pour l’exposition Quand Versailles était meublé d’argent d’une durée équivalente [17] ! Beatrix Saule, sa commissaire, parlait de « coup d’éclat » dans un dossier promotionnel de son mécène Martell & Co : « Nous avons accueilli 700 000 visiteurs en un peu plus de trois mois, ce qui est notre record ! » [18]. On comprend mieux pourquoi cette conservatrice émérite est devenue depuis directrice générale du Château. Ce record était essentiellement du au fait que l’exposition se tenait dans les Grands Appartements et qu’elle bénéficia, comme pour les manifestations d’art contemporain, de tous les visiteurs du château. Un mirage.

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Venet à Versailles | 2011 © Bernard Hasquenoph

Le Journal des Arts, toujours lui, avait bien émis quelque doute concernant la fréquentation globale de Versailles, lors de la publication de son palmarès 2010 des musées, classement largement sujet à caution pour être basé sur des données auto-déclarées par les établissements et non vérifiées par la rédaction (ou tout du moins non objets à enquête). La journaliste Daphné Bétard écrivait : « Les musées brandissent haut et fort ces chiffres de fréquentation, garants de leur bilan »positif« annuel. Pourtant, ceux-ci demeurent une indication toute relative. D’abord parce que quantité ne rime pas nécessairement avec qualité, et, surtout, parce que les chiffres annoncés sont invérifiables. Fournis par les institutions elles-mêmes, ils ne comportent pas de précision sur leur mode de comptage, associent fréquemment expositions temporaires et parcours permanent, et leurs chiffres ont souvent été arrondis. Ils devraient donc être utilisés avec prudence. Pour 2009, le château de Versailles a annoncé plus de 7 millions de personnes (soit une augmentation de 10% de visiteurs) là où son rapport d’activité en donne 4,6 millions... » [19]. Malgré ce constat flagrant de fausse déclaration, le Journal des Arts n’en tira aucune conclusion puisque l’année suivante, pour le même palmarès, Versailles récidiva sans complexe annonçant cette fois 7 721 244 visiteurs sans qu’à la rédaction du journal on ne trouve rien à redire [20] ! Mieux encore, dans ce dernier palmarès, le Château de Versailles donne une autre information qui semble tout aussi farfelue : 96% de salles seraient ouvertes pour son établissement (contre 90% au Louvre !) alors que, faute de personnel, quasi tout le musée de l’Histoire de France est fermé à la visite libre, idem pour le musée des Carrosses jugé par assez rentable (ouvert 5 jours en 2011) sans parler de la fermeture le matin tout au long de l’année du Domaine de Marie-Antoinette [21]. Il nous semble bien que Versailles est un des musées nationaux les plus fermés en surface visitable. En espérant pour le Journal des Arts que tous les musées ne répondent pas de cette manière, sinon son palmarès n’a pas grande valeur.

LE BILAN D’AILLAGON EN CHIFFRES
Les chiffres de fréquentation globale du domaine sont tellement bidons et suspects qu’ils le sont même pour ceux qui y travaillent et qui, sans doute, ne veulent pas perdre leur crédibilité scientifique. Il en est ainsi apparemment des auteurs du livre Versailles pour les Nuls paru cette année, pourtant co-édité par l’établissement public du Château qui a en a fait la plus large promotion et préfacé par Jean-Jacques Aillagon lui-même [22]. Mathieu da Vinha, historien et directeur du Centre de recherche du château de Versailles, et Raphaël Masson, adjoint du directeur et conservateur du patrimoine, responsable de la bibliothèque du même centre (à noter que tous deux ne sont pas stricto sensu employés du château [23]) indiquent en annexe le chiffre suivant : 3 millions de visiteurs pour le château et 7 millions pour le parc, sachant que celui est le plus souvent en accès libre. Mais, malins, ils se gardent bien de relayer les chiffres cumulés de fréquentation du château, des Petit et Grand Trianons comme le fait trompeusement la direction de l’établissement.

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Veilhan Versailles | 2009 © Bernard Hasquenoph

Si l’on considère la fréquentation à Versailles sous l’ère Aillagon qui n’aura duré que quatre ans, en tenant compte du gonflement des chiffres tant des entrées payantes que des gratuités, on peut juste constater que la fréquentation du domaine est restée relativement stable. S’il y a eu accroissement du public, cela est principalement du à l’augmentation de la fréquentation des deux Trianons, ce qui est logique puisqu’il est devenu impossible de visiter cette partie du parc sans billet d’entrée, donc sans être comptabilisé, ce qui n’était pas le cas avant des promeneurs des jardins de Trianon et du Hameau de la Reine librement accessibles. Néanmoins, considérant que la majorité des visiteurs des Trianons le sont aussi du château, la fréquentation globale n’a que peu progressé. C’en est même rageant, vu l’énergie déployée par M. Aillagon pour faire parler du domaine dans la presse (et au passage de lui), avec succès incontestablement, sans que cela ne se traduise pour autant en terme de fréquentation. A se demander même si ses choix de programmation, notamment d’art contemporain, n’ont pas eu un effet repoussoir sur une partie du public. Comme la nouvelle grille tarifaire qu’il a imposé, toujours plus chère et contraignante.

Quand on regarde plus précisément les derniers chiffres officiels (p.116 du RA 2009), on ne manque pas de sujets d’étonnement. Par exemple, la chute de près de 700 000 visiteurs payants au domaine entre 2008 et 2009, ce qui est colossal, que l’on retrouve miraculeusement en visiteurs gratuités, qui plus est en progression, ce qui ne correspond aucunement aux pourcentages correspondant aux jeunes et aux enseignants qui, comme l’a révélé la Cour des comptes, ne dépassaient pas les 8% sur les 9 derniers mois de 2009. Pour 2010, sans que n’ait été encore rendu public le rapport d’activité correspondant à cette année, Jean-Jacques Aillagon a annoncé 5,9 millions de visiteurs (p.5), soit une fréquentation en augmentation par rapport aux 5,65 millions de visiteurs, chiffre noté sur le rapport d’activité 2009 qui a gonflé d’un document à l’autre puisqu’ils n’étaient que 5,4 dans le dossier d’une précédente conférence de presse du maître des lieux [24]. Un vrai gloubi-boulga qui n’étonne que nous et certainement pas Le Parisien qui, sous la plume de François-Xavier Chauvet, indique, comme preuve « d’un bilan flatteur » du futur ex-président du Château, 6,5 millions de visiteurs chaque année, sans qu’on sache à quoi correspond ce chiffre. Enfin, on remarquera que le rapport d’activité 2009 (p.116) ne donne pas les mêmes chiffres que le rapport 2008 (p.59 ) pour les années 2007-2008, c’est-à-dire depuis la prise de fonction de M. Aillagon, les revisitant à la hausse sans explication, ce qui les rend encore plus supects. En guise d’aurevoir, M. Aillagon, par l’intermédiaire de son service presse, a communiqué des chiffres toujours plus délirants : les 5,9 millions de visiteurs de 2010 sont devenus 6,09 - 200 000 visiteurs de plus ! - pour 6,7 millions pour 2011... estimés fin août [25] !

Ces histoires de chiffres ne sont pas anodines, elles montrent la guerre que les grands établissements culturels se livrent pour être les mieux classés, régionalement, nationalement et internationalement. S’y mêlent aussi des questions d’ego, flagrantes chez Jean-Jacques Aillagon qui a joué médiatiquement le renouvellement de son mandat sur un prétendu bon bilan basé sur des chiffres largement relayés par la presse bien que faux. De même, les fréquentations imaginaires des expositions d’art contemporain n’ont eu qu’un seul but : conforter son choix de programmation culturelle comme si le critère quantitatif, pour lui, était le seul argument. Osons espérer que la prochaine équipe dirigeante du château aura le courage de remettre à plat ce dossier afin d’avoir enfin une vue plus juste et réaliste de la fréquentation largement honorable de ce domaine mondialement connu. Rien n’est moins sûr quand on lit l’hommage rendu par le ministère de la Culture, Frédéric Mitterrand, à l’action de Jean-Jacques Aillagon dans son communiqué de nomination de Catherine Pégard, nouvelle présidente du château, pour notamment sa « politique d’accès pour de nouveaux publics qui s’est traduite par une augmentation substantielle de la fréquentation du domaine ». Propagande et mensonge...

:: Bernard Hasquenoph |

:: Louvre pour tous | 31/08/2011 | 14:43 | 3 commentaires

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EN COMPLÉMENT

UN PUBLIC NON DEMANDEUR D’ART CONTEMPORAIN
- « Pour un type d’exposition, Versailles c’est le summum. Pour un artiste, avoir une exposition personnelle dans un lieu qui va être tellement visité, même si on ne vient pas pour nous, mais qui va être nécessairement vu par... on attend 5 millions de personnes cet été, c’est une chose absolument extraordinaire. C’est un événement tellement médiatisé, plus médiatisé que n’importe quel autre événement au monde, plus médiatisé que si on a une rétrospective au musée d’Art moderne de New-York. » Bernar Venet, ART NET | 20.06.11
- « Quand on expose dans un musée, c’est les gens qui veulent voir absolument le travail qui prennent leur billet et qui viennent le voir. Tandis qu’ici, il est confronté immédiatement à quelque chose auquel il ne s’attend pas. Bien entendu il vient pour voir Versailles et une certaine tradition, et tout à coup il rencontre de l’art contemporain » Bernar Venet, Reportage BFMTV | 25.05.11
- « Il ne fait aucun doute qu’il y a un très grand nombre de gens qui viennent visiter Versailles sans forcément venir pour moi et ça me donne l’occasion de parler à un public différent auquel je n’ai pas accès autrement. » Takashi Murakami, LCI | 09.09.10
- « N’oublions pas que les visiteurs ne viendront pas dans leur majorité pour Murakami, mais pour Versailles : ce sont des primo-visiteurs de l’art contemporain. » Laurent Le Bon, BEAUX-ARTS MAGAZINE | 09.10
- « Le public qui visite Versailles n’est, à priori, pas demandeur d’art contemporain. » Xavier Veilhan, PARIS MATCH | 03.09.09
- « Comment rendre le propos artistique lisible, comment faire un parcours perceptible, lorsque l’on sait que les visiteurs, majoritairement étrangers, ne s’attendent pas à voir une exposition d’art contemporain ? » Xavier Veilhan, ART PRESS | 09.09



VOS COMMENTAIRES


31.08.2011 | razlebol |

cet hommage était sincère et vaut d’ailleurs pour plein de musées. Malheureusement, autant que je sache, les candidatures ne sont plus soumises à un cursus en Histoire de l’Art, encore qu’un cursus ne veuille rien dire, c’est la curiosité qui compte, et l’envie d’en savoir plus, petit hommage au gardien de la maison d’Alexandre Dumas par exemple. Les visiteurs n’osent pas poser des questions, alors, à toutes et tous, FAITES le ! soit vous tombez sur un « employé », soit vous tombez sur un passionné, et dans ce cas là, vous ne le regretterez pas. Et il faut le faire, car, comme vous le soulignez, ce sont des métiers très mal considérés, sans aucune reconnaissance. Mais si vous entrez en contact avec eux, par une simple question, vous ouvrez parfois une vraie Bible sur le Musée. Je suis internaute à 100%, je mets en général 30 secondes maxi pour trouver une info précise sur n’importe quel sujet, et bien il m’a fallu parfois deux heures de recherches plutot pointues pour retrouver ce que me disait tel ou tel gardien, et m’apercevoir qu’il disait la vérité.

Oui, certains gardiens mériteraient totalement d’être les conservateurs/directeurs de leur musée, ce qui serait une vraie reconnaissance, et aussi une façon de motiver les nouveaux, parce que il y a des buses aussi ... Et je trouve regrettable que pour des questions financières ou autre, on donne des places à des gens qui se foutent éperdument de l’endroit ou ils se trouvent. bref. Il faut dire qu’on fait pareil pour les directeurs de musée, pour des questions politiques, comme on le voit encore aujourd’hui. A quand un examen ? pour les gardiens ET pour les directeurs ??? ;-)


31.08.2011 | Bernard Hasquenoph / Louvre pour tous |

Merci beaucoup « Razlebol » pour votre commentaire et pour l’hommage rendu aux personnels d’accueil et de surveillance du Château qui font un métier très difficile, sans vraiment de reconnaissance. Les présidents de l’établissement passent, eux restent. Ils sont un peu l’âme du lieu et en connaissent sans doute plus que certains de leurs dirigeants.


31.08.2011 | razlebol |

Que dire ? bravo pour cet article hyper documenté, qui ne fait que conforter un sentiment que j’avais. Fidèle de Versailles, je retrouve totalement dans votre analyse les réactions des visiteurs et je comprends un peu mieux pourquoi il y avait dichotomie entre ces réactions et les chiffres annoncés un peu partout dans la presse. Je dois être un vieux c.. mais un homard dans la chambre de la Reine, cela me donne de l’urticaire... Par contre, la superbe exposition « Sciences et curiosités à la Cour de Versailles », j’en redemande ! Le plus gros souci que vous abordez à peine car ce n’est pas votre propos, est la diminution des gardiens, que j’aurais tendance à relier avec le coût prohibitif de ces expositions modernes temporaires. Il faut parler avec les gardiens, dans tous les musées, car certains sont des trésors vivants d’information, des passionnés qui ont 30 ans (ou juste 5, c’est la passion qui compte) d’experiences et de curiosités assouvies, d’autres sont plutot genre « ce boulot ou un autre » payés pas cher et cela est regrettable. Une des choses que je déplore, niveau gardien, c’est que pas mal ne font pas respecter l’interdiction du Flash, et que ce sont les « ce boulot ou un autre ». Je déménagerais volontier pour devenir gardien à Versailles, pour dire, il me semble que c’est un privilège qui impose de bien faire son travail. Avec une mention toute particulière pour un « vieux » gardien, 30 ans de maison, qui m’a fait découvrir des aspects du château, du mobilier et des tableaux, très peu connus, le genre de personne dont on souhaiterait qu’il soit toujours en place, même à 75 ou 85 ans.

Quand au coté 96% ouvert, c’est tout à fait faux, comment arriver à un tel chiffre ? à 52 ans, je n’ai toujours pas pu tout visiter malgré de très nombreux déplacements (j’habite à 1000 kms de Versailles ;-) ) voilà, merci encore pour cet article qui remet les pendules de la fréquentation à l’heure. Je pense que vous allez avoir aussi du travail avec la nouvelle Chef de Versailles, courage ! En tout cas, j’ai bookmarqué votre site.


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NOTES

[1] La sociologue Jacqueline Eidelman qui travaille au département de la politique des publics au ministère de la Culture, a fait état, en octobre 2010 lors d’un colloque à l’Institut national du patrimoine (INP), de chiffres de fréquentation extraits d’une étude du ministère sur les pratiques culturelles des Français qui donne une idée de la répartition des publics par genre : 38% de visiteurs pour les lieux patrimoniaux, 9% pour l’art moderne et contemporain (ce qui signifie que le public exclusif de l’art contemporain est encore plus faible), 7% de visiteurs seulement pour les deux genres (patrimoine + art moderne et contemporain). Mme Eidelman a évoqué également une étude sur le public des expositions d’art contemporain au musée du Louvre qui se recrute parmi un public déjà averti en art. Par ailleurs, on peut mentionner la manifestation d’art contemporain Monumenta, qui se tient annuellement en plein Paris, au Grand Palais, et qui attire entre 140 et 200 000 visiteurs, ce qui est considéré, dans le genre, comme de très bons chiffres.

[2] Deux études ont été menées autour de l’art contemporain par la direction de la politique des publics et de l’éducation artistique, Service études et recherche, du musée du Louvre : « L’impensé de l’art contemporain : les visiteurs français du Louvre et leur rapport à l’art contemporain » en 2004 et « Evaluation de la réception de l’exposition « Contrepoint » » en 2005.

[3] RA 2008 EPV, p.16 ; RA 2009 EPV, p.120.

[4] Il est fort dommage qu’on ne possède aucune étude pour mieux connaître l’origine des publics, pour savoir dans quelle proportion la programmation culturelle du Château de Versailles de ces dernières années a pu attirer le public francilien, le premier concerné.

[5] Dossier de presse « Venet à Versailles », introduction de M. Aillagon.

[6] « Le château de Versailles a enregistré une hausse de 10% de sa fréquentation en 2010, a annoncé mardi Jean-Jacques Aillagon, le président de l’établissement public du château, qui se sent conforté dans sa politique d’exposition d’art contemporain. » AFP | 14.12.10.

[7] Murakami Versailles s’est tenue du 14 septembre au 12 décembre 2010, Sciences et curiosités à la Cour de Versailles du 26 octobre 2010 au 27 février 2011 et, devant son succès, a été prolongée jusqu’au 3 avril.

[8] On attend donc toujours les preuves de l’intérêt considérable du public pour Murakami Versailles - on parle bien du public, pas de la presse - comme on ne désespère pas que soient publiées un jour les chiffres de fréquentation du domaine, mois par mois et secteur par secteur.

[9] Par exemple, extrait du Rapport d’activité du domaine de Versailles de 2004 : “La reprise de la fréquentation à Versailles s’est amorcée au début de l’année 2004 : dès le mois de janvier une progression de la fréquentation de +9% par rapport en 2003 a été enregistrée. Cette croissance s’est confirmée en février et en mars (+21% par rapport en 2003) pour culminer en mai et juin (+35% par rapport à 2003). Le second semestre de l’année enregistre des progressions moindres, car la fréquentation avait repris dès la fin de 2003. En définitive, l’EPV a connu une progression globale de sa fréquentation de 12% par rapport à 2003. La fréquentation du château enregistre une augmentation de 11% par rapport à 2003 et de 12% pour ce qui concerne Trianon. La fréquentation des jardins a, pour sa part, connu une progression de 14% par rapport à 2003.« [10]  »Kitsch, grotesque et puérile, l’exposition de l’artiste japonais fait toutefois un tabac, profitant finalement de ce parfum de scandale. « Cela fait parler du château dans le monde entier. Il y a un effet Murakami, avec une augmentation de fréquentation de 15 à 20 % par rapport à l’an dernier à la même époque, ce qui est très positif dans un contexte réputé peu tonique pour le tourisme international », souligne Jean-Jacques Aillagon, président du château de Versailles.« ( »Bernar Venet succédera à Murakami« , JOURNAL DES ARTS | 08.10.10) ; »Ces choix artistiques seront peut-être porteurs en termes de billetterie, la fréquentation du château ayant progressé de 20 % durant l’exposition Koons« ( »Des stars et le Qatar« , JOURNAL DES ARTS | 04.09.09) : »Le public vient nombreux...« ( »Jeff Koons, star académique", L’OEIL | 11.08) .

[11] J.-J. Aillagon a été élu par le groupe JDA « personnalité de l’art la plus influente en France » pour l’année 2010 selon des critères totalement flous et où le public n’a eu aucune place : « Nous avons estimé que l’influence dans le monde de l’art se mesure à la capacité d’un individu à peser sur la cote d’un artiste, sur la programmation d’une exposition, sur une nomination, sur le cadre législatif ou réglementaire, ou à attirer un mécène ou les médias » pouvait-on lire dans L’OEIL | 03.11. Bien que constatant que les expositions d’art contemporain n’ont eu donc aucun impact sur la fréquentation du domaine, ce groupe de presse persiste néanmoins à juger que ces événements constituent « un bilan flatteur »pour M. Aillagon : « Celui que la rédaction de L’ŒIL avait désigné comme la personnalité la plus influente du monde de l’art en France en 2010, pouvait se prévaloir d’un bilan flatteur. Les expositions d’art contemporain (Jeff Koons, Murakami) avaient eu le mérite de faire parler du château, à défaut de faire augmenter la fréquentation » peut-on lire sur le site du groupe à l’annonce de son départ du Château. Il nous semble plutôt contradictoire de considérer positif d’avoir réussi à « faire parler du château » alors que cela n’a eu aucune influence sur le public. Cela montre que les médias qui ont massivement soutenu ces manifestations ont peu d’influence sur celui-ci...

[12] Nous avons enquêté sur place pour constater ce système de comptage, nous n’avons rien trouvé. Nous avons interrogé plusieurs membres du personnel aux différentes entrées, ils n’en avaient pas eu connaissance non plus.

[13] Les Musées nationaux après une décennie de transformations (2000-2010), Cour des comptes, mars 2011, p. 167 et annexes III & IV.

[14] « Il convient de noter que cette augmentation aura été tonifiée par la croissance de la fréquentation du château pour les bénéficiaires de la gratuité (essentiellement les moins de 25 ans révolus) dont le nombre a cru de 8% », p.5, conférence de presse J.-J. Aillagon | 14.12.10.

[15] RA 2009 EPV, p.45.

[16] « Cette exposition ( »Splendeurs de la Cour de Saxe« ) a accueilli plus de 130 000 visiteurs en 3 mois, ce qui constitue une fréquentation très élevée pour Versailles, la situant à peine en deçà de l’exposition sur Topkapi et de celle consacrée aux Tables royales. » Rapport d’activités 2006 EPV Château de Versailles. Autres chiffres : « Kangxi, la Cité Interdite à Versailles » du 28 janvier 2004 au 9 mai 2004 = 70 000 visiteurs, « Maurice Quentin de La Tour – Le voleur d’âmes » du 14 septembre 2004 au 12 décembre 2004 = 40 000 visiteurs / R.A.2004 EPV.

[17] « Quand Versailles était meublé d’argent » - du 21 novembre 2007 au 9 mars 2008.

[18] « Éthique : un engagement sincère et durable », Rapport d’activité 2008 Pernod Ricard, partie IV.

[19] « La politique du toujours plus » par Daphné Bétard, LE JOURNAL DES ARTS | 25.06.10. En réalité, le rapport d’activité 2009 de l’établissement public de Versailles indique 5,66 millions de visiteurs pour 7 396 929 déclarés dans le palmarès du Journal des Arts. On admirera la précision à un visiteur près pour un chiffre manifestement totalement bidon.

[20] Le Journal des Arts, en marge de son palmarès des musées 2011, ne trouve pas non plus à redire aux déclarations d’Alain Seban, président du Centre Pompidou, au sujet des progressions fulgurantes de fréquentation du musée national d’Art moderne depuis son arrivée alors que pour une grande partie, comme nous l’avons montré en mai 2010 dans un article, celles-ci s’expliquent en grande partie, comme pour Versailles, par un multi-comptage des publics visitant les collections permanentes et les expositions désormais inclues dans un même billet.

[21] Il en va autrement de l’accès aux petits appartements du Château qui, de par leur configuration, se prêtent mal à la visite libre et ne sont donc accessibles qu’en visites conférence. De même que les appartements de l’attique du Petit Trianon.

[22] Versailles pour les nuls par Mathieu da Vinha et Raphaël Masson, éd. First, 2011.

[23] Ce qui n’est pas tout à fait exact pour Raphaël Masson qui est conservateur au château des manuscrits et des instruments de musique. Mais sa fonction principale reste bien celle qu’il occupe au CRCV.

[24] Conférence de presse de J.-J. Aillagon | 09.02.10, p.53.

[25] « La fréquentation des châteaux de Versailles et de Trianon devrait être de 6,7 millions de visiteurs en 2011, contre 6,09 millions en 2010 et 5,3 millions en 2007, selon des chiffres communiqués par Versailles » L’EXPRESS | 30.08.11.



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UNE CITATION, DES CITATIONS
« En France, on travaille dans le service public, en Amérique, on travaille pour le public » Nathalie Bondil, directrice du Musée des beaux-arts de Montréal, TÉLÉRAMA | 14.09.16
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